Dr Arthur Banga a pris position, vendredi 16 octobre 2026, dans le débat sur le dialogue politique en Côte d'Ivoire. Dans une tribune, il répond à Assalé Tiémoko, qui avait réagi à son premier texte publié le matin même. « Le cadre du dialogue dans une République, c'est le Parlement », écrit-il.
Sur la Commission électorale indépendante (CEI), il juge qu'une bonne partie des critiques « relève de la mauvaise foi ». Selon lui, les irrégularités constatées découlent souvent de l'incivisme des populations et des acteurs du processus. Les erreurs viennent parfois de citoyens recrutés comme présidents de bureaux de vote, assesseurs ou représentants de candidats. « On pourra changer l'organe électoral autant de fois qu'on le voudra : sans civisme, les mêmes problèmes risquent de se reproduire », affirme-t-il.

A LIRE AUSSI
Dr Banga s'appuie sur son expérience électorale. Il explique avoir demandé à ses équipes de réunir les procès-verbaux (PV) des bureaux de vote. À leur réception, il dit avoir appelé le vainqueur pour lui assurer qu'il l'avait emporté d'après ces PV. Il cite Ngouan Jérémie, du Parti démocratique de Côte d'Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), comme témoin.
Une consultation avant l'examen par le Parlement
Dr Banga qualifie la démarche du gouvernement de « claire et cohérente ». L'exécutif présente un projet et l'enrichit par la consultation des forces politiques et de la société civile. Conseiller technique du général Vagondo de 2019 à 2021, il dit pouvoir anticiper sa méthode : examen des propositions, recherche des points de convergence, aménagement de celles qui le permettent, écart de celles jugées incompatibles avec la vision du gouvernement.

A LIRE AUSSI
Le texte final sera, selon lui, « le produit d'échanges et de discussions » et non d'un simple travail de l'administration. Il rappelle qu'« aucune démocratie n'exige que toutes les décisions fassent nécessairement l'objet d'un consensus ». Le projet sera ensuite soumis au Parlement, où Assalé Tiémoko, ancien député, connaît les possibilités d'amendement.
Sur la confiance, Dr Banga affirme qu'« elle ne se décrète pas ». Il rappelle que le dialogue politique V avait acté la modification de la CEI. Il interroge aussi : « Lorsqu'un homme politique conditionne la crédibilité de la CEI à ses propres résultats électoraux, que peut-on faire pour restaurer la confiance ? » Il reproche à certains acteurs de réclamer d'autres cadres de concertation plutôt que d'y défendre leurs propositions. Pour lui, « le dialogue ne se résume pas à un format ».

