Assalé Tiémoko, président de l'ADCI, réclame un dialogue politique avant la création du nouvel organe électoral qui doit remplacer la Commission électorale indépendante (CEI), dissoute par le gouvernement. Dans une tribune publiée le vendredi 16 octobre 2026, il répond à Arthur Banga, qui jugeait ce dialogue non nécessaire.
Pour lui, la consultation menée par le pouvoir ne suffit pas. Le gouvernement a invité les partis et la société civile à transmettre leurs propositions au ministère de l'Intérieur, mais « déposer des propositions dans un ministère n'est pas un dialogue politique », écrit-il. La question est de savoir si le futur organe sera « le fruit d'un consensus politique » ou une décision du pouvoir prise après avis.

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Assalé Tiémoko relève une contradiction. Si la CEI a été dissoute parce que l'opposition et la société civile la critiquaient sans relâche, le gouvernement reconnaît un déficit de confiance. Il demande comment invoquer cette crise de confiance pour supprimer l'ancien organe tout en refusant le dialogue qui bâtirait la légitimité du nouveau. « La confiance naît de la participation, de l'inclusion et du consensus », affirme-t-il.
Il rejette aussi l'idée que le Parlement serait une étape du dialogue. Selon lui, le Parlement adopte la loi, alors que le dialogue construit le consensus : le premier intervient à la fin du processus, le second doit intervenir au début. Un texte peut être légal et rester contesté politiquement, ajoute-t-il, en citant l'histoire récente de la Côte d'Ivoire.
Un dialogue pour éviter les crises, pas pour les régler
L'ancien candidat aux législatives Arthur Banga reprochait à l'opposition de vouloir imposer une forme de dialogue. Assalé Tiémoko répond que le problème n'est pas l'organisation d'un forum, mais la création d'un cadre où les acteurs confrontent leurs positions et bâtissent un compromis. Opposition et société civile demandent, dit-il, une « légitimité partagée dès sa naissance » pour l'institution.
Il conteste enfin l'argument du porte-parole du gouvernement : le pays n'est pas en crise, donc un dialogue est inutile. « Le dialogue n'est pas un outil réservé aux périodes de crise. Il est précisément le moyen d'éviter les crises », écrit-il.
Il conclut que des critiques assez graves pour dissoudre la CEI le sont assez pour justifier un dialogue sur son remplaçant. « En démocratie, les règles de la compétition ne devraient jamais être écrites par un seul joueur », estime-t-il, voyant dans le consensus « une exigence démocratique ».
