Tidjane Thiam depuis Bruxelles: « Que la raison revienne » en Côte d’Ivoire
Tidjane Thiam, président du PDCI, appelle depuis Bruxelles le 16 mai 2025 à ce « que la raison revienne » en Côte d'Ivoire avant la présidentielle, face aux défis.
« Que la raison revienne » : c'est l'appel lancé par Tidjane Thiam, président du PDCI, le 16 mai 2025 depuis Bruxelles. S'exprimant auprès de l'AFP, le chef du principal parti d'opposition ivoirien a insisté sur la nécessité d'apaiser le climat politique à l'approche de la présidentielle d'octobre, alors que sa propre éligibilité est contestée.
Cette déclaration fait écho aux crises passées. « Ces questions d'identité, d'ivoirité, c'est tout ce qui a déjà conduit le pays à des catastrophes et à des milliers de morts. Il faut tirer les leçons du passé », a-t-il prévenu, soulignant les enjeux cruciaux pour la stabilité de la Côte d'Ivoire.
Pour une élection présidentielle exemplaire
L'objectif affiché par Tidjane Thiam est clair : la Côte d'Ivoire doit organiser un scrutin irréprochable. « L'essentiel est que la Côte d'Ivoire ait une élection inclusive, transparente, crédible, qu'elle démontre qu'elle peut avoir une alternance politique pacifique, ce que le Sénégal et le Ghana ont fait », a-t-il déclaré.
Il a également déploré les manœuvres visant à écarter des concurrents, affirmant que le pays doit montrer qu' »il a atteint un niveau de maturité politique suffisant pour arrêter d'éliminer les candidats aux présidentielles ». Ces propos ont été tenus alors qu'il se trouvait à Bruxelles pour une manifestation d'opposants ivoiriens.
L'imbroglio de la nationalité et l'inéligibilité
La question de la nationalité de Tidjane Thiam reste au centre des préoccupations. Radié des listes électorales fin avril sur la base d'une loi de 1961 qu'il juge « désuète », il a dénoncé une manœuvre pour l'empêcher de se présenter. « Cette loi (…) n'a jamais été appliquée à personne en 64 ans, et ils se sont appuyés dessus pour me faire disparaître de la liste électorale », a-t-il martelé.
L'ancien ministre, élu à la tête du PDCI le 14 mai 2025, a également fait état de l'incertitude administrative entourant ses documents d'identité. « On a demandé un certificat de nationalité au ministère de la Justice il y a dix jours, on attend toujours (…) On m'a dit que j'étais de nouveau ivoirien mais par un mécanisme que personne ne comprend ».
« Redresser » un pays au bilan critiqué
Au-delà des aspects électoraux, Tidjane Thiam, fils de journaliste passé par Polytechnique et les Mines à Paris, a exprimé sa volonté de « redresser » la Côte d'Ivoire. Il a pointé du doigt ce qu'il considère comme des faiblesses socio-économiques après plusieurs années de gouvernance du président Ouattara.
« La Côte d'Ivoire est deux fois plus riche que le Sénégal mais ses habitants ont neuf ans d'espérance de vie en moins (59 ans contre 68) après quinze ans de régime Ouattara. Je n'appelle pas ça un succès », a-t-il affirmé, dressant un parallèle pour étayer sa critique du bilan actuel et justifier son ambition pour le pays.
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