Tidjane Thiam prononce un message alarmant à l'occasion du 65e anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire le 7 août 2025 contre Ouattara.

rompt avec la tradition des discours festifs du 7 août pour dénoncer la situation politique ivoirienne. Dans son message commémorant le 65e anniversaire de l'indépendance, le président du PDCI abandonne les célébrations pour alerter sur les dérives du pouvoir d'. « L'heure est grave », lance-t-il d'emblée, transformant cette journée historique en tribune politique.

Cette prise de parole intervient dans un contexte électoral particulièrement tendu, à trois mois de la présidentielle d'octobre 2025. Le candidat de l'opposition assume ce changement de ton : « Malheureusement et croyez-moi, je le regrette, l'heure n'est pas aux discours de circonstances. »

Plaidoyer pour la libération des opposants

Le président du PDCI concentre ses critiques sur les arrestations politiques qui se multiplient dans le pays. « Je demande au gouvernement, dans un souci d'apaisement à un moment critique de notre histoire de les libérer », déclare-t-il. Son appel se fait plus pressant encore : « Libérez-les. Ayez le courage de les libérer. »

Cette demande s'inscrit dans une stratégie d'apaisement prônée par l'opposition face à la montée des tensions. Tidjane Thiam évoque explicitement les « jeunes ivoiriennes et ivoiriens » enlevés en pleine rue et le centre de détention de Sebroko, devenu selon lui « un nom craint des Ivoiriens ». Son message résonne comme un ultimatum : « Arrêtez, arrêtez, arrêtez. »

Caution religieuse et héritage politique

Le leader du PDCI s'appuie sur plusieurs autorités morales pour légitimer sa position. Il cite la Conférence épiscopale de Côte d'Ivoire qui dénonce dans sa lettre pastorale du 29 juillet « l'amateurisme de l'administration électorale, la fraude, la corruption et les violences multiformes ». Cette caution religieuse renforce son argumentaire contre la gestion électorale actuelle.

Tidjane Thiam invoque également l'héritage de Félix Houphouët-Boigny pour justifier sa démarche. « Le dialogue est l'arme des forts », rappelle-t-il en référence au premier président ivoirien qui « a fait de la Côte d'Ivoire le pays du dialogue ». Cette filiation historique positionne le PDCI comme gardien des valeurs fondatrices face aux accusations de dérive autoritaire.

Avertissement à la communauté internationale

L'opposition ivoirienne interpelle directement les partenaires étrangers du pays dans ce message du 7 août. « Un mot pour nos amis et partenaires extérieurs. Le pouvoir actuel est arrivé au pouvoir avec l'aide d'une ingérence extérieure », déclare Tidjane Thiam. Cette accusation vise les soutiens occidentaux d'Alassane Ouattara depuis 2011.

Son avertissement se veut sans ambiguïté : « Si vous faites le mauvais choix ici, celui du court terme et des intérêts particuliers, le tribunal de l'histoire et les Ivoiriens vous jugeront durement. » Cette stratégie diplomatique vise à isoler le gouvernement actuel de ses appuis internationaux avant l'échéance électorale d'octobre.

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