Affaire des déchets toxiques: la justice blanchit à nouveau Claude Gohourou
Le juge a déclaré mal fondée la requête d'appel de Koffi Charles réclamant six milliards FCFA à Claude Gohourou dans l'affaire des déchets toxiques.
Koffi Charles, président du Réseau national pour la défense des droits des victimes des déchets toxiques de Côte d'Ivoire (RENADVIDET-CI), avait porté une plainte contre Claude Gohourou, leader de la Coordination nationale des victimes de déchets toxiques de Côte d'Ivoire (CNVDT-CI) et des banques, réclamant environ six milliards FCFA pour les victimes.
« C'est la victoire de la vérité sur le mensonge, du droit sur la forfaiture, c'est la victoire des victimes !», a réagi Claude Gohourou. Il a noté que le plaignant a produit dans la procédure civile, une liste de 6.624 victimes non indemnisées lui ayant donné mandat de récupérer leur indemnisation et d'agir en leur nom par le biais de son association.
« Les études informatiques approfondies et l'exploitation de cette liste ont révélé que cette liste n'est rien d'autre qu'un montage de noms en doublons pour obtenir le nombre de 6.624 et pire les vraies victimes n'y figurent pas notamment celles clientes du cabinet anglais », a-t-il déploré.
M. Gohourou avait été déclaré non coupable, mercredi 18 mai 2022, par la chambre correctionnelle A de la Cour d'appel d'Abidjan dans l'affaire de détournement des 4,658 milliards de FCFA des victimes des déchets toxiques.
Depuis plusieurs années, ce dernier qui a dirigé le processus des indemnisations de 29.624 victimes avec le cabinet d'avocat Leigh Day and Co, était poursuivi pour blanchiment et détournement de 4,658 milliards de Francs CFA destinés à près de 6.000 victimes.
Le 19 août 2006, le navire Probo Koala, affrété par la société Trafigura, avait déchargé 528 mètres cubes de déchets liquides dans le port d'Abidjan. Les déchets ont ensuite été transférés sur des camions citernes exploités par un sous-traitant local et déversés dans 12 endroits différents autour d'Abidjan.
A la suite du déversement, en février 2007, la compagnie avait conclu un accord à l'amiable avec l'Etat ivoirien qui arrêtait toute poursuite en contrepartie du versement d'une indemnisation globale de plus de 100 milliards de Francs CFA (152 millions d'euros) pour les dédommagements des victimes. Une seconde indemnisation de 22,5 milliards de Francs CFA (33 millions d'euros environ) avait été conclue par Trafigura et le cabinet Leigh Day and Co en fin 2009 pour 29.624 victimes.