Affaire détournements 4 milliards à la FIF: Assalé Tiémoko fait de nouvelles révélations, « l’argent n’était pas pour le fonctionnement de la FIF »
Assalé Tiémoko fait une analyste de la présidence de la FIF, Fédération ivoirienne de football, et sur l'affaire de présumés détournements de 4 milliards.
A ceux qui m'interpellent sur l'affaire de présumés détournements de 4 milliards à la FIF et qui me reprochent de ne pas jouer le rôle du procureur de la République comme certains, voilà ma réponse. Il faut être totalement ignorant voire idiot, pour affirmer que l'absence de justificatifs d'une dépense signifie automatiquement détournement. Si c'était le cas, il nous faudrait construire deux autres « Maca » à Abidjan. J'ai lu le fameux rapport de l'IGE, et nulle part, il n'est écrit le mot détournement de 4… milliards dont 2… en 2005 et 2… en 2012 et 2013.
L'IGE a parlé de comptabilité séparée et de justificatifs dont l'absence ne lui permettait pas de valider la dépense.
En l'absence de justificatifs, un auditeur demande aux ordonnateurs, lesdits justificatifs, ce qu'ils ont fait.
Dans cette affaire et, à ce jour, plus de 85%, des justificatifs, aux dires des ordonnateurs ont été produits, à posteriori de l'audit puisque le régisseur des dépenses, agent du Trésor public, à qui sont produits les originaux des justificatifs, a déclaré que les archives du trésor ont été détruites par une inondation et un rapport officiel de la direction des douanes en fait foi.
En l'absence de justificatifs, un auditeur écrit simplement qu'il n'a pas reçu les justificatifs. Mais si l'affaire arrive devant la justice, le juge d'instruction va instruire ce dossier à charge et à décharge. A décharge, il analysera la nature de la dépense à laquelle la ressource devrait être affectée.
Ici, les ressources en question étaient destinées à l'achat des maisons pour les joueurs après leur qualification au mondial en 2005, puis au paiement des primes de qualification des joueurs pour les CAN 2012 et 2013, puis les primes des encadreurs et le reliquat (250 millions), en subvention pour les clubs.
La question est: Les joueurs ont-ils reçu l'argent de leurs maisons ? La réponse est oui. Ils sont tous vivants.
Les joueurs et les encadreurs ont-ils reçu leurs primes de qualification pour les CAN 2012 et 2013? La réponse est Oui. Ils sont tous vivants, sauf Cheick Tioté, qui est décédé, paix à son âme.
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Les présidents de clubs ont-ils reçu la subvention alléguée sur le reliquat de 250 millions après la CAN 2013? La réponse est Oui, puisque l'IGE a organisé des auditions et tous ont déclaré avoir reçu l'argent.
Alors, si les destinataires de la ressource ont reçu leur argent, où est le détournement et il est de quel montant sur les 4 milliards ?
L'IGE a écrit qu'en l'absence de justificatifs, elle ne peut valider la dépense, ce qui est logique.
L'IGE n'a jamais parlé de détournement. Il n'y a que des individus qui n'ont jamais géré de budget qui peuvent interpréter systématiquement l'absence de justificatifs comme un détournement sans expliquer à quoi était destinée la ressource en question et, se comporter ainsi, c'est tout simplement faire preuve de malhonnêteté et de manipulation des esprits.
On ne peut pas détourner 4 milliards destinés à des gens vivants, sans qu'ils ne se plaignent. L'argent dont il s'agit n'était pas l'argent pour le fonctionnement de la FIF, mais l'argent destiné aux dépenses de l'équipe nationale pour la qualification au mondial de 2005, pour les CAN 2012 et 2013.
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Et, jusqu'à preuve du contraire, aucun joueur, en 2005, sous Jacques ANOUMA, n'a déclaré n'avoir pas reçu l'argent destiné à payer sa maison.
Jusqu'à preuve du contraire, aucun joueur, ne dit qu'il n'a pas reçu ses primes pour les campagnes 2012 et 2013. Même après la finale perdue, les joueurs ont reçu la prime de victoire, alors qu'ils avaient perdu et cela, avec l'accord du chef de l'Etat.
Alors, si ces 4 milliards ont été détournés, d'où est sorti l'argent qui a servi à payer les maisons des joueurs, à payer les primes de 2012 et 2013?
A Jacques ANOUMA, le seul reproche de l'IGE était que les 2 milliards n'apparaissaient pas dans les comptes de la FIF et qu'il avait tenu une comptabilité séparée. Et Jacques ANOUMA, devant l'assemblée générale de la FIF, avait expliqué que cet argent n'appartenait pas à la FIF et qu'il avait jugé nécessaire de le laisser à la Banque du Trésor à partir de laquelle, il a été viré aux destinataires. Personne n'a parlé de détournement.
Au demeurant, de 2005 à 2018, l'assemblée générale de la FIF a validé tous les exercices comptables. Alors pourquoi être plus royaliste que le roi ?
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Quant aux ressources de la Fifa mises à la disposition de la FIF pour le financement de ses propres programmes, elles ont été auditées par la FIFA qui, jamais n'a pris la moindre sanction contre les dirigeants de la FIF. Où alors, qu'on nous sorte cette sanction.
Au final, tout cet acharnement est ridicule. Si ces gens étaient les voleurs qu'on nous brandit depuis deux ans, pourquoi de 2002 à 2020, la FIFA ne les a jamais sanctionnés ? Ou bien la FIFA est leur complice ?
Un audit n'est pas une instruction judiciaire et on ne condamne pas quelqu'un sur la base d'un audit, autrement il n'y aurait pas d'instruction judiciaire destinée à aller en profondeur et à trier le vrai du faux.
Je suis journaliste d'investigation et dans ce pays, il n'y a pas un seul journaliste qui a publié plus d'enquêtes, qui a fait plus de révélations que moi sur de grands dossiers qui ont fait du bruit jusqu'à l'internationale et dans la presse internationale. C'est un fait.
Et jamais, en 12 ans, je n'ai reçu le moindre blâme, la moindre interpellation, de notre régulateur, l'ANP, pour avoir affirmé quelque chose qui n'était pas assise sur une preuve incontestable.
Parce que je ne fais pas d'interprétation d'audits, ce sont plutôt mes écrits avec preuves qui déclenchent les audits, voilà la différence. Et je ne me suis jamais mis à la place du procureur pour accuser les gens de vol sur la base d'interprétation de passages d'audits.
Alors, dans cette affaire de la FIF, j'ai dit que je ne suivrais pas la foule parce que je n'ai pas la même interprétation d'un audit que certains qui ont pensé qu'affirmer qu'on donne 50 litres d'eau par jour à un joueur était une vérité alors qu'il s'agissait d'une erreur que n'importe quel imbécile pour peu qu'il fasse un peu d'efforts réflexifs, pouvait découvrir.
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Le seul élément qui permet de dire que quelqu'un est un voleur, c'est une condamnation judiciaire devenue définitive.
Tout le reste n'est que diffamation et piétinement de la présomption d'innocence des gens.
Dans ma carrière de journaliste, j'ai fait des enquêtes pour mettre la lumière sur des actes de mauvaises gestion sans me comporter comme un procureur. Mais j'ai fait aussi des enquêtes pour mettre la lumière sur de fausses accusations qui auraient pu détruire la carrière de personnes injustement accusées.
Parce que les plus malhonnêtes dans un pays ne sont pas forcément et toujours ceux qu'on jette dans la fosse aux calomnies.
Des intellectuels peuvent prendre des positions parfois incompréhensibles dans une affaire. Il suffit de revisiter l'affaire Dreyfus en France pour réaliser qu'en toute chose, il faut savoir raison garder et faire preuve de prudence voire de modestie. Parce que la foule n'a pas toujours raison et c'est courir à sa perte que de suivre toujours la foule.
Et c'est là, mon dernier mot sur cette affaire pour ceux qui ne font que m'interpeller.
Assalé Tiemoko.