Affaire Ibiza, « restaurant interdit aux noirs » à Abidjan: « »que le procureur de la République se saisit de cette affaire » – Jean Bonin
Le 6 octobre 2022, une publication sur le Forum « un consommateur averti en vaux deux », attribuée à « Dame Touré », relatait des faits d’actes de racisme au restaurant Ibiza.
En substance « dame Touré » dit avoir été expulsée du restaurant Ibiza concept par la propriétaire des lieux, une française, en raison de sa couleur noire de peau. Le top départ au Blanc ou français bashing venait ainsi d’être décrété. La toile s’est dès lors enflammée.
Chacun, sans aucune retenue, et en l’absence des résultats d’une enquête judiciaire en bonne et due forme y est allé de sa propre analyse des faits et de son… verdict.
Pour ma part, en tant que juriste, je me demande bien pourquoi cette « dame Touré » qui a pris tout son temps pour relayer sur les réseaux sociaux sa triste mésaventure n’a pas eu ce même temps pour aller porter plainte contre le restaurant concerné pour acte de racisme. C’est quand même un minimum lorsqu’on est confronté à ce type d’agression raciale.
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Sauf intention délibérée de nuire à autrui et à moins qu’elle ne nourrisse d’autres ambitions que celle de faire condamner la supposée raciste par la justice et demander réparation, je ne vois pas bien en quoi jeter à la vindicte populaire une personne qui jouit de la présomption d’innocence. C’est curieux.
En effet, l’article 228 du code pénal ivoirien dispose que « Quiconque se rend coupable de racisme, de xénophobie, de tribalisme ou de discrimination raciale ou religieuse, est puni d’un emprisonnement de cinq à dix ans et d’une amende de 500.000 à 5.000.000 de francs.
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Laissons tomber l’émotion qu’a suscité le récit bien monté de l’accusatrice et revenons à la raison afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire.
Pour ma part, je souhaiterais que le procureur de la république s’auto saisisse de cette affaire et diligente promptement une enquête judiciaire en vue de faire toute la lumière sur cette affaire qui, par l’émotion qu’elle a suscitée, aurait pu gravement dégénérer en opposant différentes communautés raciales et créer le cafouillage en Côte d’Ivoire.
« Dame Touré », la restauratrice, son personnel et le voisinage doivent être entendus. Au terme de l’enquête judiciaire, la rigueur de la justice devra frapper le coupable, pour racisme ou pour dénonciation calomnieuse.
Force doit, en toute chose, rester à la loi.