Affaire Pulchérie Gbalet: un cadre de PDCI se prononce, « nous nous devons de réagir »
Lettre ouverte Jean-Yves Esso Essis, membre du bureau politique du PDCI, à l'attention de Pulchérie Gbalet, Présidente de l'ACI.
Objet : Une icône de la Société Civile en Côte d'Ivoire, enlevée et incarcérée par le régime.
Madame,
Nous nous devons de réagir suite à votre énième arrestation par le RDR-RHDP qui n'aura jamais fini de nous surprendre par sa grande fébrilité face à la mise à nu, par la société civile et l'opposition, de ses multiples tares difficilement dissimulables.
En effet, lundi après-midi, alors que vous vous trouviez au siège de votre organisation, vous avez reçu un appel de la police vous invitant à venir récupérer vos effets, à savoir votre passeport et votre téléphone qui y avaient été conservés depuis votre précédente interpellation. Et aujourd'hui mercredi 24 août, vous y êtes encore sans qu'aucun de vos avocats n'aient pu être présents…Drôle de procédé d'incarcération de citoyens, digne des plus grands scénarios de films mafieux Hollywoodiens, inadmissibles dans un Etat dit de droit.
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Madame GBALET,
Votre combat est noble. Il est inspirant. Et le fait qu'il soit conduit par vous, une femme, ce combat devient héroïque et impose le respect.
Dans cette belle Eburnie désacralisée et dépecée depuis plus de 20 ans, lorsque les gouvernants atteignent ce niveau de désespérance en laissant les vrais problèmes du pays pour s'en prendre à une femme qui dénonce leurs tares, c'est qu'il n'y a plus aucun espoir pour eux.
Lorsque les gouvernants applaudissent aux errements d'un député de la Nation qui ose proférer des menaces publiques à l'égard d'une brave et courageuse citoyenne criant sa colère et son désarroi face à la vie chère et aux nombreuses souffrances insupportables de la population, c'est qu'il n'y a plus d'espoir pour eux.
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Très chère Pulchérie,
Ni féministe, ni misogyne, foncièrement engagée pour la cause des droits humains, vous faites depuis, votre chemin dans ce milieu impitoyable où l'on flirte quotidiennement avec la prison.
Telle une Jeanne d'Arc, pucelle d'Orléans qui finit sur le bûcher le 30 mai 1431 après avoir entrepris de bouter les envahisseurs anglais hors de France, telle nos braves mères, Marie Koré ou Anne-Marie Raggi, qui marchèrent sur la ville de Grand Bassam le 22 décembre 1949, bravant la puissance colonisatrice, pour exiger la libération des responsables politiques emprisonnés par les autorités françaises, vous montrez ainsi au peuple apathique de la Terre d'Eburnie, le chemin à suivre pour revendiquer ses droits les plus élémentaires.
Vous êtes une fonceuse née multipliant les initiatives et les combats. Vous récoltez quelquefois des lauriers et bien d'autres fois des échecs. Opiniâtre, vous ne reculez devant rien en prenant des risques au péril de votre vie.
Pulcherie,
N'abandonnez jamais car la victoire est au bout du chemin ardu. Dans votre sacerdoce, nous implorons le Très-Haut de demeurer votre forteresse et votre refuge.
Bon courage.
Jean-Yves ESSO ESSIS
Le Citoyen EBURNEEN