Affaire Thomas Sankara : l’absence de Blaise Compaoré au procès est-elle un aveu de culpabilité ?
Les avocats de Blaise Compaoré, principal accusé dans l'affaire Thomas Sankara, ont annoncé que leur ne sera pas présent au procès.
« Le président Blaise Compaoré ne se rendra pas, et nous non plus, au procès politique organisé à son encontre devant le Tribunal militaire de Ouagadougou, c'est-à-dire devant une juridiction d'exception », ont écrit les avocats de M. Compaoré dans un communiqué.
Le communiqué signé de Maître Abdoul Ouédraogo souligne que cette décision s'inscrit dans la logique dans la mesure où « la procédure ne lui a pas été rendue contradictoire, du fait de la carence de la juridiction d'instruction, laquelle ne l'a jamais ni convoqué pour un interrogatoire, ni ne lui a jamais notifié aucun acte sinon sa convocation finale devant la juridiction de jugement ».
Il évoque également « l'immunité » dont bénéficie M. Compaoré en tant qu'ancien chef de l'Etat, du fait de la Constitution du Burkina Faso.
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Selon M. Ouédraogo, le mandat d'arrêt international contre Compaoré « a été annulé par la Cour de cassation » du Burkina Faso le 28 avril 2016, « de telle sorte qu'il n'est aujourd'hui visé par aucun mandat d'arrêt international ».
« En tout état de cause, si le président Blaise Compaoré ne reconnaît pas la justice du président Roch Kaboré, il demeure confiant en la justice internationale », a expliqué M. Ouédraogo. Il a précisé que « le président Compaoré, loin de tourner le dos à ses responsabilités, appelle de ses vœux, l'union nationale contre le terrorisme à la réconciliation nationale au nom des valeurs du pays ».
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Thomas Sankara, arrivé au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat le 4 août 1983, a été assassiné lors du putsch qui amena au pouvoir Blaise Compaoré le 15 octobre 1987.
Une dizaine de personnes, dont le général Gilbert Diendéré, et l'ex-président Blaise Compaoré, sont inculpés dans ce dossier. Ils sont poursuivis pour différents chefs d'accusation, dont principalement les crimes d'attentat à la sûreté de l'Etat, d'assassinat, de faux en écriture publique et de recel de cadavres.