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Amadé Ouremi en prison à vie sans les donneurs d’ordre, « encore protégés »

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by Fernand Dédeh
Amadé Ouremi en prison à vie sans les donneurs d’ordre, « encore protégés »
Amadé Ourémi et sa milice du mont Péko en 2011

Amadé Ouremi, la terreur du Mont Peko et de Duékoué, a été condamné à la prison à vie pour crime contres les populations le 15 avril 2021.

Amadé Ouremi, considéré comme le monstre du Mont-Peko, à Duekoué, réduit à son humaine condition dans la salle d’audience du Palais de Justice d’Abidjan. Quand la police le fait entrer dans le box des accusés, ce jeudi 15 avril 2021, menotté, sandales aux pieds, négligemment vêtu, il fait peine à regarder. La prison déshumanise sûrement. Mais elle ramène l’homme ou la femme à la réalité de la vie. Un magistrat dira: « en général, loin du théâtre des faits, l’homme est réduit à sa simple expression et devient très vulnérable. ».

Amadé Ouremi est la projection de tous ces hommes et toutes ces femmes en Afrique, étourdis-es par l’illusion de la puissance, les lambris dorés, les paillettes, les tapis rouges, les gyrophares et l’acquisition des richesses matérielles, souvent même, illicites, qui agissent contre l’ordre social. Sans penser à demain. Une convocation devant le juge, une interpellation par un policier et le destin devient individuel…

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Sans les donneurs d’ordre. Encore protégés. Ou qui échappent temporairement à la Justice.
Amadé Ouremi, la terreur du Mont Peko a été déclaré coupable de crime contres les populations, séquestrations, vol, vol réunion, destruction des meubles et immeubles… En conséquence, condamné à vie par le tribunal criminel en première instance. Et doit payer des dommages aux victimes ou parents des victimes, parties civiles.

Le tribunal a déclaré irrecevable, l’action qui visait à condamner solidairement l’Etat de Côte d’Ivoire. Horreur à Duekoué, les 28 et 29 mars 2011. 800 victimes abattues sommairement.
Son conseil est particulièrement remonté. La police ne lui a même pas donné une minute pour expliquer le couperet qui vient de tomber sur la tête de son client, en moins de deux minutes. Air-Maca attend l’ex-Seigneur du Mont Peko. « A procès biaisé, verdict biaisé », dit l’avocate devant les journalistes.

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Elle ne sait pas encore si elle doit faire appel de la décision, « tout dépend de mon client », mais elle dénonce la non-comparution des chefs militaires cités par l’accusé devant le tribunal.
Débat d’école sur la question. Selon un magistrat, « Le juge examine sa saisine. Il juge celui qui lui est présenté. ».

Un spécialiste du Droit international explique au contraire que le juge, au regard des pièces en sa possession, « peut soit, demander à l’instruction d’entendre les personnes citées, soit décider lui-même, de les entendre pendant le procès. Le juge n’est pas lié par le dossier d’instruction. ».

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