Après l’embargo, le Mali peut-il quitter le franc CFA ?
Le Mali peut-il quitter le franc CFA après l'embargo imposé par la communauté des Etats d'Afrique de l'ouest (CEDEAO) a imposé à Bamako ?
Pour contourner les sanctions, certains analystes affirment que le Mali pourrait créer sa propre monnaie et ainsi quitter le système monétaire ouest-africain.
« On ne peut pas exclure que le Mali se tourne vers d'autres possibilités, vers des pays partenaires qui leur fourniraient des réserves de change. Ce qu'il se passe peut inciter les dirigeants maliens à regarder du côté des pays émergents, la Russie, la Chine, l'Inde », estime Kako Nubukpo.
« La question de la monnaie est trop sérieuse pour être décidée sur un coup de tête. Sur quoi s'adosserait cette monnaie? Quelle serait sa garantie? », nuance M. Sissoko.
En 2011, la Côte d'Ivoire s'était retrouvée frappée de sanctions similaires et Laurent Gbagbo, alors président, avait imaginé sortir du franc CFA et créer une monnaie pour assurer le paiement des fonctionnaires. Un projet qui n'a finalement jamais vu le jour.
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Quel financement pour le Mali?
L'entrée en vigueur des sanctions a un premier effet immédiat mercredi: le Mali n'a pas pu réaliser une émission obligataire à court terme de 30 milliards de francs CFA (45,7 millions d'euros) sur le marché financier régional.
Un coup dur pour un pays à l'important déficit budgétaire et qui a beaucoup utilisé ce levier en 2021 pour se financer.
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« A partir du moment où tous les comptes du Mali sont gelés auprès de la banque centrale, le trésor malien ne peut plus faire d'opérations financières. Toutes les transactions avec l'extérieur passent par la banque centrale. Le Mali est coupé du reste du monde », décrypte Kako Nubukpo, commissaire pour l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa).
Déjà affectées par la crise sanitaire et sécuritaire, les recettes douanières devraient également se tarir avec les sanctions de la Cédéao.
« Les recettes vont énormément baisser et les ressources disponibles dans le pays ne seront pas suffisantes. Si vous ajoutez à cela l'interdiction de lever des fonds sur le marché international, les conséquences sont incommensurables », ajoute Etienne Fakaba Sissoko.