Augmentation du prix de carburant: Ferro Bally sans détour, « échec de « ADO Solutions »
Echec de « ADO Solutions », Ferro Bally fait une analyse de l'augmentation du prix de carburant en Côte d'Ivoire depuis ce 1er juin 2022.
Les Ivoiriens vont trinquer. Car, l'or noir donne des idées noires au pouvoir ivoirien.
Si le prix du gasoil, depuis le début de l'année 2022, est figé à 615 FCFA, celui du super fait yoyo: 615F en janvier, 635 F en février et mars, 695F en avril et mai, et 735F en juin.
Cette montée du prix du carburant à la pompe, sous le pouvoir Ouattara, est réellement une mauvaise surprise.
Quand en juillet 2008, au motif du rechérissement du baril de pétrole, le gouvernement de Laurent Gbagbo a ajusté à la hausse les prix du carburant à la pompe (775F pour le super, 685F pour le gasoil et 550F pour le pétrole lampant), le pays a été paralysé par des manifestations des conducteurs et des automobilistes. La centrale syndicale UGTCI a même décrété deux jours de grève.
Le recul, en catastrophe, du gouvernement, le dimanche 20 juillet, sur les prix à la pompe du gasoil (585F au lieu de 685F) et du pétrole (495F au lieu de 550F) n'a pas empêché le RDR du président Alassane Ouattara, à travers sa Commission technique mines et énergie, de fustiger, dans un communiqué, « le mépris » de l'État vis-à-vis des consommateurs et des populations.
Ce parti de l'Opposition proposait alors des mesures qu'il qualifiait de « simple bon sens »:
– réduction des prélèvements de l'État;
– optimisation de la structure des prix pour ajustement du niveau de péréquation transport;
– suppression du prélèvement pour stock de sécurité;
– mise en oeuvre des importants excédents financiers constitués grâce à la part ivoirienne dans les revenus d'exportation du pétrole brut.
Mais voilà que, au pouvoir depuis 2011, « ADO Solutions » n'a pas de solutions pour circonscrire la flambée des prix.
Au pied du mur et pris au piège de la forfaiture, Ouattara, renvoyant aux calendes grecques toutes les mesures « de simple bon sens » de son parti, maintient toutes les taxes de la colère du RDR.
– péréquation transport (2% du prix à la pompe);
– prélèvement du stock de sécurité (6F CFA);
– taxe de 30FCFA instauré pour soutenir, dit-on, la SIR en difficulté.
De ce fait, alors que la taxe d'amortissement existe bel et bien pour maintenir les prix à un niveau acceptable, le pouvoir applique le mécanisme automatique des cours mondiaux des hydrocarbures, en alignant systématiquement les prix à la pompe sur l'international. Et les cours s'envolent, au grand dam des populations, livrées à elles-mêmes.
Ainsi, la structure des prix continue de se présenter comme suit. Super sans plomb:
– 44 % vont directement dans les caisses de l'État;
– 41,1% vont à la SIR, société d'État;
– 9,6% à la société pétrolière qui dispose de la station-service;
– 2,6% au gérant de la station-service;
– 2,7% au transporteur (propriétaire des camions-citernes).
Gasoil:
– 23,8% vont directement dans les caisses de l'État;
– 61,3% à la SIR, société d'État;
– 9% à la société qui dispose de la station-service;
– 2,7% au gérant de la station-service;
– 3,2% au transporteur.
Et les Ivoiriens sont condamnés à boire le calice jusqu'à la lie. Et c'est une lapalissade: au pays des vendeurs d'illusion, la critique est aisée, mais l'art, compliqué ou complexe à défaut d'être difficile.
F. M. Bally