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Bictogo, président de l’Assemblée nationale: comment Ouattara parvient à prendre la classe politique en otage

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by Ferro Bally
Bictogo, président de l’Assemblée nationale: comment Ouattara parvient à prendre la classe politique en otage
Le Président ivoirien, Alassane Ouattara a pris part, le mardi 17 mai 2022 à Paris, au dîner de gala du Forum des Marchés Emergents à Paris.

Ferro Bally revient sur l'élection d'Adama Bictogo, candidat du RHDP, à la présidence de l'Assemblée nationale le 7 juin 2022 face à Jean-Michel Amankou du PDCI.

ÉPÉES DE DAMOCLÈS. , candidat du , est le nouveau président de l'Assemblée nationale. Le 7 juin 2022, il a succédé au défunt Amadou Soumahoro, sans coup férir et par un score soviétique.

En effet, tous les groupes parlementaires, du pouvoir et de l'Opposition, ont voté pour lui. Le député Jean-Michel Amankou, qui défendait les couleurs du PDCI-RDA, n'y a vu que du feu.

Le combat politique est sur le point de tirer sa révérence, faute de combattants. Sous nos yeux, il s'agit désormais d'une affaire de famille entre frères, cousins, neveux, tantes et oncles. Et le linge sale se lave en famille, sans éclats extérieurs.

Car, , sous un profil de technocrate, se révèle un redoutable animal politique, qui impose, au forceps, son rythme. Par l'usure et des crocs-en-jambe, il est parvenu à prendre la classe politique en otage.

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Et pour cela, il joue sur plusieurs tableaux. S'appuyant sur les ressorts judiciaires, politiques et financiers, il s'est muni de plusieurs gourdins:

– des prisonniers politiques sont toujours détenus, depuis 2011;

– des comptes bancaires restent gelés;

– les principaux adversaires politiques sont condamnés, pour la plupart, à des peines de prison (sans mandat de dépôt) et à des privations de droit civique;

– d'autres, au lendemain de la blague du Conseil national de transition (CNT), demeurent placés sous contrôle judiciaire;

– les « gbaka verts » et les actives cellules dormantes, dressés pour briser toute manifestation hostile, ont tué dans l'oeuf toute contestation, de telle sorte que la flambée des prix est, entre autres, acceptée, de gré ou de force.

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Et cerise sur le gâteau, Alassane Ouattara garde sous le coude une autre redoutable arme: le rapport de l'Unité spéciale d'enquête sur la présidentielle controversée du 31 octobre 2020. Celui-ci préconise notamment des poursuites judiciaires contre les leaders politiques ayant appelé à la désobéissance civile et au boycott actif.

Ce sont des épées de Damoclès, dont il peut user quand il veut et comment il veut et qui contraignent tous ou presque, en quête de contrepartie, à faire profil bas pour ne pas subir le rouleau compresseur. Sous de trompeuses apparences policées, Ouattara est une main de fer dans un gant de velours.

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Et ainsi, le président du parti présidentiel a tellement réussi, dans ses manoeuvres, à asseoir un pouvoir si fort qu'il peut se déclarer « indéboulonnable », face à une Opposition fragile et à la dérive. Maître de l'horloge politique, il apparaît comme le maître du jeu.

F. M. Bally

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par Ferro Bally

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