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Bombardement Bouaké en 2004 : Gbagbo dit sa part de vérité, « il y avait un complot contre moi »

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by Mohammed Ouattara
Bombardement Bouaké en 2004 : Gbagbo dit sa part de vérité, « il y avait un complot contre moi »
The Appeals Chamber of the International Criminal Court (ICC) held a hearing on 6 February 2020 to hear observations on the application of Mr Laurent Gbagbo of 7 October 2019, requesting the Appeals Chamber to reconsider its judgment of 1 February 2019 which imposed conditions on the release of Mr Laurent Gbagbo and Mr Blé Goudé following their acquittal.

Bombardement de Bouaké en 2004 : le témoignage de Gbagbo qui s’était exprimé en 2014 depuis la Haye durant l’instruction de l’affaire.

Un témoignage en présence de la juge Kherys, de MM°. Balan et Altit p.7, 28 avril 2014

« On m’annonce que l’ambassadeur américain et l’ambassadeur français veulent me voir. Ils m’annoncent qu’il y a eu 9 morts français et un mort américain. Aussitôt qu’ils ont fini de parler, j’appelle mon ministre de la Défense, je discute avec lui, et c’est là que je comprend qu’il y a eu une manipulation. Après une telle affaire il faut enquêter immédiatement. Je reconvoque le même soir mon chef d’état major et le Commandant de l’armée de l ‘air et je leur dis qu’ils sont suspendus de leur fonction à cause de ce qu’il vient de se passer à Bouaké.(…)

J’appelle le ministre de la Défense qui m’amène le Procureur des armées- qui est un militaire . Je leur dis de tirer cette affaire au clair au plus tôt.(…) La procédure est lancée. A ma grande surprise, les autorités qui sont à Yamoussoukro m’appellent et me disent que les soldats français présents là bas ont bombardé les deux Sukkoi gouvernementaux et détruit les hélicoptères de transport basés dans la résidence présidentielle qu’ils ont envahie.

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A Abidjan, les militaires français envahissent l’aéroport et cassent les hélicoptères avec des haches. Ça c’est le samedi 6. A ces nouvelles, les rues sont envahies, les ivoiriens protestent..

Le dimanche, les soldats français qui sont basés à l’intérieur du pays , arrivent avec des blindés à Abidjan, canons en l’air. On essaie de calmer la situation tant bien que mal. Le samedi, Barnier m’avait appelé pour qu’on fasse un communiqué commun pour calmer la situation. A la fin de la journée, il me semble que tout était sous contrôle.(…)

A une heure du matin (…), il y avait plus de 60 chars français qui encerclaient ma résidence. De nouveau les gens descendent dans la rue en entendant la rumeur que les français sont venus me tuer. Il y a une grande agitation. Le lendemain les chars vont se retirer. Poncet m’explique que les chars se seraient perdus. Il réitère cette explication lors d’un repas le lendemain où se trouvent Mamadou Koulibaly , Président de l’Assemblée nationale, et Doué.

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Quand le Ministre de la Défense et le procureur sont allés voir les français pour enquêter, Poncet s’y est opposé. Nous demandons une enquête et le Général français dit non. Je pensais que les français auraient pu faire l’enquête aussi car il y avait des gendarmes français qui sont OPJ à Abidjan.

Le dimanche soir, le Lidec vient me voir (…) et me dit que les conducteurs biélorusses étaient aux mains de l’armée française , je bondis de joie. On allait enfin avoir des informations. J’apprends 4 à 5 jours après qu’ils ne sont plus là. Je demande aux autorité françaises une copie des PV pour que je sache ce qu’ils ont dit et ce qui s’est passé. Je n’ai jamais vu une ligne.

Les français les auraient eus entre leurs mains et les auraient accompagnés à la frontière du Ghana pour leur faire quitter le pays. Ils traversent le Ghana et se trouvent au Togo. Le ministre de l’intérieur togolais les arrête et il remue ciel et terre, appelle toutes les instances françaises à Paris pour dire qu’il les détient et qu’il les met à disposition des autorités françaises.

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Pendant des jours le ministre togolais, alors que le gouvernement togolais n’a jamais montré une quelconque sympathie à notre égard, veut les remettre aux français car les togolais ont compris qu’il y avait eu un complot contre moi. Les français refusent de les prendre. Je me demande quel est le rôle des biélorusses dans le complot ? »

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par Mohammed Ouattara

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