Burkina Faso : deux responsables de l'UE déclarés persona non grata
Le Burkina Faso a déclaré persona non grata deux responsables de la délégation de l'Union européenne à Ouagadougou, sommés de partir sous trois jours.
Les autorités burkinabè ont déclaré persona non grata deux responsables de la délégation de l'Union européenne (UE) à Ouagadougou, leur accordant un délai de trois jours pour quitter le territoire, a rapporté l'Agence d'information du Burkina (AIB).
La mesure vise le chef de délégation adjoint de l'UE au Burkina Faso, également responsable de la section politique, presse et information, ainsi qu'une chargée de programme de la même délégation. Les autorités burkinabè n'ont fourni, pour l'heure, aucune explication officielle sur les motifs de cette décision.
Cette expulsion intervient dans un contexte de relations diplomatiques déjà tendues entre Ouagadougou et Bruxelles. Le lundi 22 juin 2026, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l'extérieur, Karamoko Jean-Marie Traoré, avait convoqué le chef de la délégation de l'UE au Burkina Faso, Daniel Aristi Gaztelumendi.
Une résolution du Parlement européen contestée
Le gouvernement burkinabè protestait alors contre une résolution du Parlement européen, qu'il avait qualifiée d'« hostile » et d'« ingérence dans les affaires intérieures » du pays. L'expulsion des deux responsables européens constitue un nouvel épisode dans le refroidissement des relations entre le Burkina Faso et l'UE, qui s'inscrit dans la ligne diplomatique adoptée par Ouagadougou depuis l'arrivée au pouvoir des autorités de transition.
Ce nouvel épisode s'ajoute aux tensions récurrentes entre plusieurs capitales de l'Alliance des États du Sahel (AES) et leurs partenaires occidentaux. Pour Abidjan, qui entretient des relations de coopération avec le Burkina Faso dans le cadre de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l'évolution de ces rapports avec l'UE reste suivie de près, alors que la Côte d'Ivoire œuvre au maintien du dialogue entre les pays de l'AES et les instances régionales et internationales.