Burkina : que cache la démission du ministre du Commerce ?
Le ministre du Commerce du Burkina, Donatien Nagalo a annoncé sa démission, ce mardi 8 novembre 2022, du gouvernement.
Aux lendemains de sa nomination au poste de ministre du Développement industriel, du Commerce, de l'Artisanat et des Petites et Moyennes entreprises, M. Nagalo a fait l'objet de vives contestations de plusieurs organisations de commerçants. L'accusant de fait « d'escroquerie aggravée » sans jamais présenter de preuves, elles ont empêché son installation dans ses fonctions à plusieurs reprises, en prenant d'assaut la porte principale du Ministère du Commerce. Face à la pression de la rue, le gouvernement avait dû reporter son installation à une date ultérieure.
Le démissionnaire qui s'est décrit comme « un citoyen Burkinabè honnête, intègre, dévoué et engagé » a ajouté être victime d'« accusations non fondées » de la part d'un groupe de « commerçants instrumentalisés ». En fin octobre, le Premier ministre, Apollinaire Kyelem de Tambéla lui avait apporté son soutien en indiquant que des « investigations approfondies » avaient blanchi le ministre contesté. Un syndicat de commerçants dont Donatien Nagalo est le responsable lui avait aussi apporté son soutien.
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« Au vu du contexte social, économique et sécuritaire, je me sens interpelé… C'est pourquoi j'ai jugé utile de renoncer à ma fonction » de ministre du Commerce, a ajouté l'opérateur économique qui n'est pas le seul indésirable dans l'equipe du sankariste, Kyelem de Tambéla
La nomination du ministre de l'Urbanisme, Yacouba Dié est également contestée. Il lui est reproché sa « mauvaise réalisation des cités du 11-Décembre (jour de célébration de la fête de l'Indépendance du pays) à Manga en 2018 », lorsqu'il était Secrétaire permanent de la politique nationale du logement (SP/PNL).
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Nommé le 22 octobre, le Premier ministre Me Kyelem avait formé un gouvernement de 23 membres, respectant le quota de 25 ministres fixés au cours des assises nationales, du 14 octobre, qui ont désigné le capitaine Ibrahim Traoré, Président de la transition pour 21 mois. Ce dernier avait, deux semaines plutôt, renversé le lieutenant-colonel, Paul-Henri Damiba, lui reprochant ses « choix hasardeux » dans la stratégie de lutte contre les groupes jihadistes. Depuis sept ans, des groupes armés non étatiques écument le pays, causant des milliers de victimes et près de 2 millions de personnes déplacées.