Cameroun : de nouvelles exactions commises par les séparatistes
L'ONG HRW a dénoncé de nouvelles exactions commises par l'armée et les séparatistes en zone anglophone du Cameroun.
« Les 8 et 9 juin 2021, des membres des forces de sécurité camerounaises ont tué deux civils, violé une femme âgée de 53 ans, et détruit et pillé au moins 33 bâtiments – des magasins et des logements, y compris la demeure d'un chef traditionnel – dans la région du Nord-Ouest », a accusé HRW dans un communiqué, rendu public lundi, précisant avoir échangé avec plusieurs victimes, des proches et témoins notamment.
Les militaires «ont dit que mon mari avait une arme à feu. Nous avons assuré que nous n'avions pas d'arme. Ils ont dit qu'ils allaient nous tuer, puis l'un d'eux m'a violée», a raconté à HRW la victime du viol.
Le corps de son mari, « abattu d'une balle dans la bouche », a été retrouvé trois jours après, le 11 juin, d'après cette ONG.
Dans son communiqué, HRW a également accusé les séparatistes d'exactions dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest anglophone du pays.
« Le 6 juin, des combattants séparatistes armés dans la région du Sud-Ouest ont tué un garçon âgé de 12 ans, et le 1er juillet, un enseignant âgé de 51 ans », a relaté l'ONG, qui accuse aussi les séparatistes d'être responsables de l'enlèvement le 25 juin dans le Nord-Ouest de quatre travailleurs humanitaires.
«La crise dans les régions anglophones du Cameroun a eu un impact dévastateur sur les civils, mais les responsables de graves exactions n'ont encore subi aucune conséquence», a déploré Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur l'Afrique centrale à Human Rights Watch.
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« Les forces de sécurité camerounaises ont certes l'obligation de riposter de manière légale aux attaques des groupes séparatistes armés et de protéger les droits des personnes pendant les périodes de violence », a affirmé Ilaria Allegrozzi.
« Mais une fois de plus, nous apprenons qu'elles ont répondu à la menace posée par les groupes séparatistes en commettant des attaques contre des civils et des violations des droits humains », a-t-il ajouté.
L'ONG a demandé aux autorités d'«établir les responsabilités dans les crimes commis» dans les deux régions anglophones du Cameroun.
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Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, en proie à un sanglant conflit depuis quatre ans, l'armée et des groupes séparatistes s'affrontent quasi quotidiennement.
Les ONG internationales et l'ONU accusent les deux parties d'exactions et de crimes contre les civils, dans un conflit qui a fait plus de 3500 morts et forcé plus de 712 000 personnes à fuir leur domicile. Au moins 2,2 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire, selon l'ONU.