S'abonner à notre newsletter

Succès ! Vérifiez maintenant votre email

Pour terminer l'abonnement, cliquez sur le lien de confirmation dans votre boîte de réception. S'il n'arrive pas dans les 3 minutes, consultez votre dossier spam.

D'accord, merci

Cherté de la vie en Côte d’Ivoire, cas du « pain », Jean Christian Konan explique : « Tu changes ta norme, je change ma norme ! »

Léo Gustave profile image
by Léo Gustave
Cherté de la vie en Côte d’Ivoire, cas du « pain », Jean Christian Konan explique : « Tu changes ta norme,  je change ma norme ! »

Face à la cherté de la vie en Côte d’Ivoire, selon Jean Christian Konan, voici comment s’y prendre pour faire baisser le coût du pain.

Les exportations de blé tendre français hors UE et Royaume Uni ont pour premier client L’Algérie suivie de la Côte d’Ivoire. Inutile de vous encombrer avec des chiffres, mais sachez que ces pays où la consommation du pain à base de blé est très élevée sont parmi les meilleurs clients de la France dans le monde hors UE.

Selon Codinorm, les spécifications des pains de boulangerie destinés à la consommation humaine directe s’applique aux pains fabriqués dans les boulangeries modernes à partir de 100% de farine boulangère de blé de type 55, telle que définie dans la norme NI 4529.


Vu la consommation élevée de pain baguette en Côte d’Ivoire, cette teneur en blé dans le pain baguette aux normes, est un formidable débouché pour les agriculteurs français. Le pain étant un produit de première nécessité et de très grande consommation, c’est l’assurance qu’au moins une partie de la production de blé français trouvera preneur en Côte d’Ivoire, qu’il pleuve, vente ou neige.

À l’inverse, les européens et les français ont depuis quelques années trouvé une parade afin de ne plus dépendre totalement du cacao ivoirien et africains en général. Comme toujours ce sont les normes avec lesquelles ils ont joué.
En effet, les règles relatives à la composition des tablettes de chocolat sont les mêmes pour l’ensemble des chocolats depuis la directive européenne 2000/36/CE en 2000.

LIRE AUSSI: Marche contre la cherté de la vie en Côte d’Ivoire ce 21 juillet 2021 : des manifestants arrêtés par la police

Les multinationales y voient un avantage, du fait de l’autorisation à hauteur de 5 % de matières grasses végétales autre que le beurre de cacao, dans les produits chocolatés, leur permettant de faire des économies sur leurs coûts de production. C’était l’objectif affiché sans complexe de ces nouvelles règles. En 2000 du jour au lendemain, les européens ont décidé que ce qui sera dorénavant appelé « chocolat » contiendra moins de cacao.

La lécithine de soja en tant qu’émulsifiant, de l’illipé un substitut du beurre de cacao, et ou du beurre de Kogum, tous deux originaires d’Inde et d’Asie, peuvent être ajoutés.
Cette réglementation des matières grasses végétales autres que le beurre de Cacao dans le produit appelé « chocolat » a été adoptée en catimini en mars 2000, à un moment où la Côte d’Ivoire premier producteur mondial de cacao, avait encore les yeux tournée vers le coup d’État intervenu trois mois auparavant.

LIRE AUSSI: Abobo Baoulé : la police interpelle un arnaqueur, les faits

Ou comment tirer dans le dos d’une ambulance. Depuis 2016 Codinorm a posé les jalons de la réplique avec la classification de pain baguette composé de 85% de farine de blé panifiable et de 15% d’une farine locale (maïs ou manioc) non panifiable. Des tests concluants ont été organisés avec des boulangers qui fabriquent du pain avec 15% de produits locaux tels que le mil, le maïs, le manioc et le niébé.

Mais 15% ce n’est pas encore assez, puisqu’au Bénin, au Cameroun, ou encore au Congo, on produit des pains contenant jusqu’à 20 % de manioc sans en affecter le goût ou la qualité, des gâteaux à 50% manioc et des biscuits à 100% à base de farine de manioc.


Il suffit juste à Codinorm de changer les règles en toute indépendance. Les français l’ont fait pour les graisses végétales autorisées dans le chocolat, en augmentant la teneur, qui n’altèrent pas la qualité. C’est donc moins de cacao ivoirien nécessaire pour la fabrication du chocolat. Les ivoiriens peuvent aussi autoriser des farines locales dans le pain, sans altérer sa qualité. Et pour aller plus loin, si la production locale de céréales peut suivre la demande, la meilleure manière de promouvoir la production agricole locale et du même coup faire baisser le coût du panier de la ménagère, serait de changer la norme. « Tu changes ta norme, je change ma norme ! »

LIRE AUSSI: Conseil des Ministres ivoirien ce 21 juillet 2021


En considérant par exemple que le pain contenant 20% de farine locale est le « vrai » pain baguette ivoirien, et comme le signifiait en début d’année Abey Marius, président de l’interprofession, ce pain local et social, au même goût et qualité que l’ancien pain, peut et devrait être subventionné comme par le passé.

Retour aux 75 ou 100 FCFA pourquoi pas ? Quant au pain baguette, contenant 0% de farine locale, et 100% de farine de blé français, son prix ne sera plus plafonné à 150 FCFA, mais vendu à son coût réel qui serait, selon M. Abey, de l’ordre de 300 à 350 FCFA. Les consommateurs auront donc le choix, et le denier mot, l’état prenant partie pour les plus faibles grâce à ces mesures. Protectionisme juste, à doses homéopathiques, sans faire palabre…

Léo Gustave profile image
par Léo Gustave

Abonnez vous à notre newsletter

Pour mieux comprendre l'actualité en Côte d'Ivoire

Succès ! Vérifiez maintenant votre email

To complete Subscribe, click the confirmation link in your inbox. If it doesn’t arrive within 3 minutes, check your spam folder.

D'accord, merci

Lire plus