Assemblée nationale: Aminata Tounkara, Bictogo ou Diawara, bataille fratricide pour le perchoir
Amadou Soumahoro est mort, samedi 7 mai à Abidjan, ouvrant ainsi la voie à une guerre fratricide de succession au RHDP entre les vice-présidents Adama Bictogo, le doyen d'âge Mamadou Diawara et l'Honorable Aminata Tounkara, nommée présidente par intérim de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, ce lundi 9 mai 2022.

Le très zélé Adama Bictogo ne sera, peut être, jamais le président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, à la surprise générale, ce lundi, la députée Aminata Toungara nommée Présidente par intérim de de l'institution. Un coup dur pour le très zélé Secrétaire Exécutif du parti présidentiel, le RHDP, lui qui a perdu récemment encore la présidence du Directoire du parti d'Alassane Ouattara.
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L'homme d'affaire n'a certainement pas vu le danger venir de ce coté-ci, concentré qu'il était sur son éternel chalenger Mamadou Diawara au moment de la gestion des affaires par le défunt président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire.
Il avait été, par deux fois, contraint de confier l'intérim à son vice-président Adama Bictogo pour des raisons de santé. Aux affaires depuis mars 2019, Amadou Soumahoro, figure de la politique ivoirienne et un fidèle du président Alassane Ouattara, a fait de longs séjours à l'étranger ces derniers mois sans être remplacé par le régime d'Abidjan.

C'est un Amadou Soumahoro très affaibli qui s'est envolé pour la Turquie fin janvier. Le président de l'Assemblée nationale s'y fait soigner depuis plus d'un an. Il y avait déjà effectué plusieurs séjours au cours de l'année 2021. Peu d'informations précises circulent sur son état de santé même si certaines sources parlent d'un cancer, ce que son entourage et sa famille refusent de confirmer en se réfugiant derrière « le respect de la vie privée ».
Pour compenser son absence, le député de Séguéla a officiellement confié son intérim à Adama Bictogo, dans une note datée du 21 janvier. Le 1er février, le bureau de la chambre basse en a été officiellement informé.
L'épisode a suscité quelques tensions. Le 31 janvier, une séance en plénière a ainsi donné lieu à une explication de texte entre Bictogo et un député proche de Soumahoro qui lui reprochait d'avoir convoqué cette même séance. En somme, de vouloir organiser un petit coup d'État parlementaire.
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« Soumahoro ne voulait pas que Bictogo le remplace. Alassane Ouattara a dû lui mettre la pression pour qu'il accepte. Fidèle Sarassoro s'est même rendu à son domicile pour lui faire signer la lettre d'intérim », assure une source à Jeune Afrique.
C'est en réalité la deuxième fois que l'intérim est confié à Adama Bictogo. Soumahoro lui avait déjà laissé son poste de mi-avril à juin 2021. À l'époque aussi, il avait rechigné, estimant que cette charge devait revenir au doyen des vice-présidents, Mamadou Diawara.
Malgré ces tensions, Bictogo a ensuite assuré un remplacement officieux du fait de l'état de santé de Soumahoro, présidant des séances convoquées par ce dernier, ce qui avait irrité le même Diawara. C'est notamment lui qui, à la fin de l'année, a mené les travaux pour l'examen du budget 2022 et du Programme national de développement (PND). Mais il ne pouvait pas, sans être officiellement président par intérim, prendre certaines décisions importantes sur le fonctionnement de l'Assemblée.
Avant même la mort du titulaire du poste, la guerre de succession semble donc avoir déjà commencé depuis belle lurette entre Bictogo et Diawara. Elle sera encore plus rude et sans pitié entre les deux vices-présidents issue du parti présidentiel, le RHDP où le dernier mot revient toujours à son président d'honneur, le chef de l'Etat Alassane Ouattara.