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Côte d’Ivoire-Mali: après les joutes verbales à l’ONU, on fait quoi ? – Fernand Dédeh

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by Fernand Dédeh
Côte d’Ivoire-Mali: après les joutes verbales à l’ONU, on fait quoi ? – Fernand Dédeh

Le discours enflammé du premier ministre du Mali à l’ONU sur le président Ouattara de la Côte d’Ivoire, la CEDEAO… continue de faire des vagues sur le continent.

Il y a deux blocs: ceux qui applaudissent les diatribes du numéro 2 du Mont Koulouba et ceux qui s’interrogent sur le fondement d’un tel agissement. Les deux blocs s’affrontent et s’accusent. Le Mali répond du tac au tac à tous ceux qui se placent dans son viseur. Le discours est cassant et un brin révolutionnaire et anti-conformiste. Il brûle les codes de la diplomatie classique et les jeunes africains, soucieux de rompre avec ce qu’ils appellent « les oripeaux de la France-Afrique », jouissent. Le Mali devient le porte-voix de l’autre Afrique, celle du bas, celle de la rupture.

Les États africains ont absolument le droit, soixante ans après les indépendances, de réclamer une autonomie véritable, de disposer d’eux-mêmes, à maîtriser les cours des choses sur le continent, à refuser l’infantilisation permanente. Seulement, voilà: les discours populistes ne suffisent pas pour assumer son indépendance. Il en faut plus: sortir des crises permanentes et paralysantes. Instaurer la Démocratie, lutter contre la pauvreté. Répondre aux besoins et attentes des citoyens dans les domaines régaliens d‘un État qui se respecte: Agriculture, Éducation, Santé, Sécurité, Justice.

LIRE AUSSI : A l’ONU, les militaires au Mali ont vraiment tiré à balles réelles sur Ouattara et sans sommation

Le Mali détient depuis plus de deux mois, des militaires ivoiriens. Toutes les initiatives pour le règlement pacifique de la crise ont échoué sur l’armature du Mont Koulouba. Les militaires maliens savent que la Côte d’Ivoire ne brusquera rien contre un peuple frère et voisin. Il tire sur la corde et utilise la détention des soldats ivoiriens comme « cache-sexe » pour éviter d‘affronter les questions importantes en interne. Mais tôt ou tard, les militaires ivoiriens seront libérés. Tôt ou tard, il faudra en finir avec le régime d’exception. Tôt ou tard, les militaires au pouvoir au Mali devront retourner dans les casernes ou aller à la retraite. Tôt ou tard, ils vont céder le Mont Koulouba a un pouvoir issu des élections. C’est la vraie ligne directrice.

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par Fernand Dédeh

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