Mali : la France menace de se retirer
Le président Macron a menacé ce dimanche 30 mai 2021, de se retirer du Mali suite au double putsch militaire du colonel Assimi Goïta.
Le président Macron a affirmé au Journal du dimanche avoir « passé le message » aux dirigeants d'Afrique de l'Ouest qu'il « ne resterait pas aux côtés d'un pays où il n'y a plus de légitimité démocratique ni de transition ». Paris avait dénoncé mardi un « coup d'Etat inacceptable » au Mali.
« Au président malien Bah N'Daw, qui était très rigoureux sur l'étanchéité entre le pouvoir et les djihadistes, j'avais dit: +L'islamisme radical au Mali avec nos soldats sur place ? Jamais de la vie!+ Il y a aujourd'hui cette tentation au Mali. Mais si cela va dans ce sens, je me retirerais », a mis en garde M. Macron.
Le colonel Goïta « exerce les fonctions, attributs et prérogatives de président de la transition pour conduire le processus de transition à son terme », et il portera « le titre de président de la transition, chef de l'Etat », dit la Cour constitutionnelle.
Vendredi, dans un apparent effort pour mobiliser des soutiens intérieurs, le colonel Goïta a dit son intention de nommer « dans les jours à venir » un Premier ministre issu d'un collectif qui avait mené en 2020 des mois de contestation contre l'ancien président Keïta mais que les colonels, une fois le chef de l'Etat renversé, avaient pris soin de laisser en marge de la transition.
Même avec un tel Premier ministre, la désignation d'Assimi Goïta met les voisins et les partenaires du Mali au défi d'une réponse.
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La Cédéao avait co-rédigé avec l'Union africaine, la mission de l'ONU au Mali (Minusma), la France, les Etats-Unis et d'autres un communiqué rejetant « par avance tout acte imposé par la contrainte, y compris des démissions forcées ».
Une mission de la Cédéao dépêchée au cours de la semaine au Mali a évoqué l'éventualité de sanctions. La France et les Etats-Unis, engagés militairement au Sahel, en ont brandi la menace.