Ferro Bally à propos des sanctions contre la Russie : « la Fifa vient de succomber à la pression politique »
Le 28 février 2022, la FIFA a exclu la Russie du Mondial 2022 au Qatar. Jusqu’à sa capitulation, elle s’est opposée à l’irruption de la politique dans les affaires du football.
FIFA. C’est la mode des sanctions et elles pleuvent sur la Fédération de Russie. Après les États occidentaux, c’est au tour de toutes les grandes institutions sportives internationales, toutes basées en Occident, d’entrer dans la frénétique danse. L’UEFA a délocalisé la finale de la Ligue des champions de football, qui devait se dérouler à Saint-Petersbourg. Après avoir, dans un premier temps, tenté de résister au mélange explosif des genres entre sport, diplomatie et politique, la Fifa vient de succomber à la pression politique. Le 28 février 2022, elle a exclu la Russie du Mondial 2022 (21 novembre – 18 décembre) au Qatar.
La Fifa est ainsi revenue sur tous ses engagements. Car, le 12 février dernier, elle a interdit à l’équipe brésilienne de Palmeiras, qui rencontrait Chelsea en finale de la coupe du monde des clubs 2021, de porter un maillot sur lequel il était écrit « Pour un avenir plus vert ». C’était un soutien aux écologistes et un désaveu de la politique du président brésilien Jair Bolsonaro.
Jusqu’à sa capitulation, la Fifa s’est opposée à l’irruption de la politique dans les affaires du football. Elle n’a pas fléchi quand les mêmes Occidentaux, évoquant les violations des droits de l’homme, l’ont pressée afin de ne pas attribuer la coupe du monde au Qatar. Elle vient de suspendre le Zimbabwe et le Kenya, coupables d’ingérence dans les affaires du foot.
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Hier encore, des joueurs qui ont affiché leur compassion aux Palestiniens, face à l’agression et à l’occupation de la Palestine par l’État hebreu, ont été vite rappelés à l’ordre par les supporters qui scandaient des cris hostiles, les dirigeants et les sponsors. « Stick to football » (contentez-vous de jouer au foot) et n’outrepassez pas vos fonctions, telle était la consigne stricte.
Cette époque, au cours de laquelle les sportifs étaient contraints d’observer l’image du singe de la gravure (ne rien dire, ne rien voir et ne rien entendre) pour protéger l’image des agressives puissances occidentales et leurs alliés, a vécu, à cause de la Russie.
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Maintenant, des joueurs sur l’aire de jeu et des équipes dans des stades exhibent, avec les drapeaux de l’Ukraine, leur « ukranité » et sont chaleureusement applaudis. Car la Fédération de Russie reste depuis toujours l’ennemie publique n°1. Et tant pis si la puissante Fifa, elle-même devenue marionnette, tombe de très haut en faisant le triste jeu des ventriloques politiques. Afin de représenter un démembrement de l’Otan.
F. M. Bally