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Ferro Bally à propos des sanctions contre le Mali: « c’est le va-tout d’une CEDEAO en perte de vitesse »

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by Ferro Bally
Ferro Bally à propos des sanctions contre le Mali: « c’est le va-tout d’une CEDEAO en perte de vitesse »

Sanctions: Ferro Bally se prononce sur bras de fer engagé entre le président de la transition du Mali, le colonel Assimi Goïta et la CEDEAO.

Le bras de fer est engagé entre le gouvernement de transition du , d'une part, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (, regroupement de quinze pays) et l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa, association de huit États), d'autre part. De guerre lasse sur le chronogramme de sortie de crise que les autorités maliennes prévoient en décembre 2025 avec l'élection présidentielle, ces organisations ouest-africaines ont pris le bâton pour contraindre au retour rapide à un ordre constitutionnel normal dans un Mali dont la totalité du territoire échappe encore à l'autorité de l'État.

Ainsi, la CEDEAO n'a pas fait dans la dentelle. En dehors de l'embargo sur les médicaments, elle a pris, le 9 janvier, des sanctions économiques et financières qui rappellent étrangement les mesures de représailles contre le gouvernement de durant la guerre post-électorale: gel des avoirs de l'État malien dans les banques centrales de la CEDEAO, gel des avoirs des entreprises publiques et parapubliques dans les banques commerciales des pays de la CEDEAO, fermeture des frontières aériennes et terrestres, mise en alerte de l'Ecomog pour une éventuelle attaque contre le territoire malien.

Et ça va passer ou casser. Car, en dépit des impacts négatifs des sanctions, il aura fallu l'entrée en guerre, aux côtés des forces rebelles, des forces militaires françaises de la Licorne et des Casques bleus de l'Onu, présentes en Côte d'Ivoire à l'effet, officiellement, de s'interposer, pour faire plier l'échine à Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011. Au Mali, le tableau paraît bien différent. Les forces Wagner, comme en RCA, ont déjà pris position pour soutenir l'État malien. Et le gouvernement a immédiatement réagi pour riposter contre ces « sanctions illégales et illégitimes », prises par une CEDEAO « instrumentalisée par des puissances étrangères ».

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Cette réponse du berger à la bergère comprend le rappel des ambassadeurs maliens dans les quatorze autres pays de la CEDEAO, la fermeture de toutes les frontières et la menace d'un retrait de la CEDEAO et de l'UEMOA. Cerise sur le gâteau, le Mali a fait injonction aux Nations Unies de retirer, sous 72 heures, tous les soldats au Mali dans le cadre de la Minusma appartenant aux pays de la CEDEAO dont la Côte d'Ivoire.

Cette évolution suppose donc clairement que les forces Barkhane et de la Minusma, qui ne sont plus en odeur de sainteté, vont être prises au piège. Elles ne bénéficieront plus d'aucun approvisionnement et d'aucune fourniture surtout que la compagnie Air France a suspendu tous ses vols à destination de Bamako. C'est une guerre d'usure qui va épuiser tous les belligérants. La CEDEAO en est consciente, qui appelle au secours l'Union africaine, l'Onu et l'Union européenne qui l'ont appuyée en Côte d'Ivoire. Elle va aussi envoyer une mission en Mauritanie et en Algérie, pays voisins du Mali.

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Car, le port d'Abidjan peut très bien être contourné par Conakry (où règne aussi une transition militaire que la CEDEAO ne caresse pas dans le sens du poil), Nouakchott, Alger (qui a des relations assez tendues avec Paris) et faire échouer la politique d'étranglement mise en route.

Par conséquent, c'est le va-tout d'une CEDEAO qui, se sachant en perte de vitesse, tape aveuglément du poing sur la table. Mais se plaignant bruyamment des conséquences des pouvoirs dictatoriaux alors qu'elle en chérit les causes, elle joue et sa crédibilité et son autorité.

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