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« Gbagbo a conscience que le fait d’avoir suivi Simone dans le pentecôtisme évangélique l’a conduit dans une impasse politique »

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by Christian Binaté
« Gbagbo a conscience que le fait d’avoir suivi Simone dans le pentecôtisme évangélique l’a conduit dans une impasse politique »

Dans une interview accordée TV5Monde Jean-Pierre Dozon, directeur d'études à l'EHESS, fait une analyse du divorce du couple Gbagbo.

A la question de savoir si l'ex-président a tourné le dos au pentecôtisme évangélique de son épouse Simone ? Jean-Pierre Dozon répond :

« Je pense qu'il a conscience que le fait d'avoir suivi dans le pentecôtisme évangélique l'a conduit à une forme d'impasse politique et à des choses totalement aberrantes » a lancé d'entrée Jean-Pierre Dozon.

Et de poursuivre, « en 2010, il a été battu à l'élection présidentielle face à Alassane Ouattara. Il a été soumis à l'influence spirituelle et politique de sa femme et d'un groupe de pasteurs évangéliques dont le pasteur Moïse Koré. Ces gens-là étaient partisans d'une ligne dure et jusqu'au-boutiste ».

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« Cet entourage a eu des effets nocifs sur ses propres choix. Ces gens là avaient une forme d'ascendant sur lui et on se rend compte que le régime à la fin des années 2000 jusqu'à la capture du couple en avril 2011 était un régime bicéphale, » a-t-il ajouté.

Jean-Pierre Dozon va même faire des révélations au sein du cercle présidentiel, « Au sommet du pouvoir on trouvait certes le président Laurent Gbagbo, mais aussi son épouse Simone. L'ambiance dans la palais présidentiel, à la fin du régime, en 2010-2011, était délirante. Deux jours avant la capture du couple présidentiel par les forces pro-Ouattara, le fidèle lieutenant Charles Blé Goudé lui même avait prié pour que la victoire de Laurent Gbagbo ne soit pas seulement une victoire politique mais aussi « une victoire de Dieu » sur les adversaires de Laurent Gbagbo ».

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« Les adversaires du parti de Laurent Gbagbo ne se résumaient pas à la seule figure de Alassane Ouattara. La France, la communauté internationale, les Nations Unies faisaient parti des adversaires et ceux-ci étaient perçus comme le « diable » au sein du cercle présidentiel, » a-t-il lancé.

« Le diable était partout. Simone Gbagbo était celle qui ne cessait d'invoquer sa figure  dont la France et Alassane Ouattara étaient une incarnation. Elle n'était pas sataniste mais elle parlait du diable à tort et à travers. Simone Gbagbo appartient en effet à un courant évangélique pour qui la question du diable, du mal, est aussi importante que celle de l'Esprit-saint. Au sein du palais présidentiel, on pratiquait en effet un exorcisme collectif pour extirper ce diable de la Côte d'Ivoire » va révéler Jean-Pierre Dozon.

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« Le conflit de 2010-2011 n'était pas seulement une affaire armée c'était aussi une affaire mystique que se livraient les protagonistes. Et la question de l'influence des évangéliques était centrale dans cette affaire-là, » conclu-t-il.

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