Gbagbo et Affi : enfin les raisons profondes de la rupture du 9 août
Alfred Gueméné, l'un des collaborateurs du président du FPI, donne ici les raisons profondes de la rupture du 9 août entre Gbagbo et Affi.
Certains voudraient à tout prix savoir les raisons profondes de la rupture actée le 9 août, par Laurent Gbagbo. Il est vrai que les raisons invoquées pour justifier cette rupture sont d'une extrême légèreté, selon les observateurs. D'abord parce qu'aucune raison d'ordre idéologique ne fonde cette séparation. Ensuite, si Laurent Gbagbo tenait vraiment à récupérer la direction du FPI, des voies et moyens existaient bel et bien pour favoriser cette transition douce.
Surtout que le président AFFI était déjà hyper favorable à la reprise en main de la direction du FPI par le président fondateur du parti.
Pour y voir un peu plus clair, nous avons consulté une palette d'analystes. Nous proposons le décryptage du vieil Édouard. Qui, de notre point de vue, n'est pas totalement saugrenue.
Selon le « vieux renard », militant de souche du FPI, le démocrate Laurent Gbagbo n'a pas eu le courage d'affronter le congrès dans ses éventuelles réquisitoires que les observateurs soupçonnaient d'être enflammés. Sur deux points essentiels.
Premièrement, le débat risquait de se focaliser sur le bilan de la gestion des dix années de présence au pouvoir(2000-2010). Avec, notamment, cette guerre absurde perdue d'avance qui s'est soldée par des milliers de morts.
Le fait est que, passé les moments de choc et de l'exigence de compassion liés à la déportation du Chef, il fallait tout de même revenir sur cet épisode crucial de l'histoire du FPI, en s'imposant un minimum de devoir de clarification.
La guerre était-elle incontournable ? Pourquoi avoir refusé de se plier à la décision de la communauté internationale que nous avons nous mêmes invitée à superviser la présidentielle de 2010 ?
Deuxièmement, ce qui se ruminait dans la chaumière risquerait de sortir au grand jour à ce congrès. Et écorner gravement l'image du grand timonier subliminal. Il s'agit de la gestion de plusieurs milliards de francs CFA de subvention octroyée par l'État au FPI.
Des esprits prosaïques accusent le président Affi d'avoir utilisé ces fonds à des fins personnelles.
Or, des sources bien introduites indiquent clairement que cette subvention aurait fait l'objet d'une gestion occulte par le célèbre « trio patrimonialiste ». Qui concédait des miettes au président du FPI pour la gestion des affaires courantes. Souvenons-nous de la période de la campagne électorale, en 2010, où le FPI était confiné dans les scoutes, alors que des organisations non officielles étaient grassement financées.
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De sorte qu'un congrès aurait beau avoir une vocation réunificatrice, toujours est-il que dans l'exercice de sa souveraineté, ce congrès pourrait légitimement évoquer ces sujets qui fâchent. Et constituer un risque certain de démystification du chef qu'il fallait éviter.
D'où la nécessité de s'accrocher à l »exutoire de l'inutilité d'une éventuelle bataille judiciaire, et l'épouvantail de la <>, pour disparaitre en rase campagne…
Cela dit, il faut reconnaître que cette honteuse séquence reste définitivement derrière nous. Le débat est clos. Le FPI a retrouvé un souffle nouveau. Il est redevenu fréquentable et est résolument en marche pour la renaissance de la Côte d'Ivoire.
Alfred Gueméné