Gbagbo reste populaire en Côte d’Ivoire : voici pourquoi
L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo acquitté par la CPI, rentre en Côte d'Ivoire le 17 juin 2021, après dix ans d'absence.
Malgré dix ans d'absence, Laurent Gbagbo reste populaire au-delà de sa région d'origine de Gagnoa (Centre-Ouest).
Principal opposant à Félix Houphouët-Boigny puis à Henri Konan Bédié dans les années 1980 et 1990, il s'est battu pour imposer le multipartisme, à la tête de manifestations violemment réprimées par le régime, ce qui lui a valu la prison et l'exil.
Dans un pays dominé par de grandes familles bourgeoises, Laurent Gbagbo, issu d'un milieu modeste, socialiste, « a relayé la parole des pauvres et des frustrés du développement et ça, ça ne s'oublie pas », estime Rinaldo Depagne, ajoutant qu'il est « un tribun hors norme » et « a le verbe, dans un pays où on adore parler et où on adore l'humour ».
Le 31 mars, Laurent Gbagbo est acquitté de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, où il était détenu depuis 2011. Il était poursuivi pour les violences post-électorales liées à son refus de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara à la présidentielle de 2010, qui ont fait quelque 3.000 morts.
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Le 7 avril, le président Ouattara tirait les conséquences de cet acquittement, autorisant son rival à rentrer dans son pays quand il le souhaitait, lui promettant tous les égards liés à son statut d'ancien chef de l'Etat.
M. Gbagbo, qui a gardé la haute main sur le parti qu'il a créé, le Front populaire ivoirien (FPI), entend participer, d'une façon qui reste encore floue, à la politique de « réconciliation nationale » d'Alassane Ouattara et n'est animé par aucun esprit de revanche après l'humiliation de 2011, selon ses proches.
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Les images de son visage marqué et de son regard perdu lors de son arrestation dans sa résidence dévastée d'Abidjan, puis ensuite à l'Hôtel du Golf, quartier-général des forces pro-Ouattara où il avait été transféré, restent gravées dans les mémoires des Ivoiriens.
« Les blessures ouvertes (…) ne sont pas refermées et il y a une peur des autorités de voir Gbagbo ré-agiter la rue, ce qui est une de ses marques de fabrique », note Rinaldo Depagne, chercheur à l'International Crisis Group (ICG). Qu'il participe activement à une « vraie réconciliation serait une bonne chose, car il a un poids considérable dans l'histoire politique de ce pays », dit-il. Selon lui, ce serait aussi son « intérêt », pour « bien terminer une carrière qui a eu des hauts et des bas ».