« La France et Ouattara n’ont pas besoin de craindre le retour de Gbagbo »
« Gbagbo revient parmi les siens avec un rameau de paix pour la réconciliation nationale » une analyse de Jean-Claude Djéréké.
N'ayant pas le courage de s'opposer à la décision de la CPI et donc aux Occidentaux, les seules personnes qu'il respecte et redoute ici-bas, Ouattara préfère actionner des associations fantoches qui, chose bizarre, ne s'occupent que des victimes d'une religion, d'une région et d'un parti politique.
Dans un pays qui honore le Droit et la Justice, le Procureur de la République se serait aussitôt saisi de la question pour faire ce que la loi lui permet de faire en pareille circonstance, les guides religieux et les chefs traditionnels auraient dénoncé ce non-sens qui consiste à faire porter coûte que coûte le chapeau des 3000 morts de la crise post-électorale à une personne que la CPI a déclarée non-coupable au terme d'un procès où, aussi paradoxal que cela paraisse, plusieurs témoins comme Sam l'Africain eurent à pointer un doigt accusateur sur la France.
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Ailleurs, on aurait demandé que la CPI, après avoir jugé et innocenté Laurent Gbagbo, s'intéresse aussi au camp de Ouattara car il y eut quand même 900 personnes massacrées par ses troupes à Duékoué, au nez et à la barbe des Nations unies, le 28 mars 2011, des hommes et femmes tués par les soldats et chasseurs dozos fidèles à Ouattara à Nahibly, Anonkoua-Kouté, Adébem, Gitrozon, Monokozohi, etc. Ailleurs, on se serait battu pour que justice soit rendue à ces morts et à ceux du 19 septembre 2002.
Ailleurs, on aurait rappelé les atrocités commises à Abobo par le Commando invisible d'Ibrahim Coulibaly, un proche de Ouattara, et on aurait interpellé publiquement ceux qui espèrent effacer l'humiliation de l'acquittement en poussant Issiaka Diaby à tenir un discours guerrier et incendiaire.
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Chez nous, par contre, c'est silence radio, soit parce qu'un ministre de Ouattara est loin d'avoir les coudées franches, soit parce qu'on a choisi le camp de ceux qui ont attaqué le pays et l'ont pris en otage depuis le 19 septembre 2002, soit parce que la réconciliation est le cadet des soucis de ceux qui mangent et boivent avec le régime dictatorial d'Abidjan.
Alors que l'arrestation et l'emprisonnement de l'opposant russe Alexei Navalny avaient fait sortir Emmanuel Macron de ses gonds, les menaces de Diaby et sa contestation de la décision de la CPI ne posent aucun problème au président français. Celui-ci doit probablement se dire que ça ne fait rien ou ça ne dérange nullement les intérêts de la France si un Noir se sert d'une arme fabriquée par la France pour trucider un autre Noir.
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Après le coup d'État militaire validé au Tchad mais condamné au Mali, nous avons ici une autre preuve que les dirigeants français aiment bien faire deux poids, deux mesures et que, pour eux, les Noirs n'ont pas droit à la démocratie, ni ne sont concernés par la Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée à Paris le 10 décembre 1948. La France et son obligé Ouattara n'ont pas besoin de craindre le retour de Laurent Gbagbo.
Il n'est pas nécessaire qu'ils se fassent peur et mettent inutilement le pays sous tension car celui qui toujours lutta pour la vérité et la justice sans haine ni violence ne vient pas pour se venger. Ce qui l'intéresse, ce n'est pas de faire une chasse aux sorcières mais de contribuer à la réconciliation des filles et fils de la Côte d'Ivoire dans la vérité et la justice.