Laurent Gbagbo : une humiliation qui conduit à la victoire finale
Traoré Mamadou, député FPI 2000-2010, revient sur l'arrestation de Gbagbo le 11 avril 2011 et du bombardement de son Palais.
Depuis une trentaine d'années, notamment à la suite de la disparition de son premier Président Félix Houphouët Boigny en 1993, la Côte d'Ivoire est devenue méconnaissable au fil des ans et ses habitants traversent des périodes assez difficiles marquées par des conflits sociopolitiques invraisemblables et interminables.
Il serait trop facile de magnifier ou d'idéaliser le règne du premier Président pour ensuite se livrer à loisir à une critique violente de l'opposition politique qui à travers le Fpi et son leader Laurent Gbagbo aurait conduit le pays à la dérive. Il serait erroné également d'accuser le 2e Président ivoirien de n'avoir pas su gérer le « prestigieux héritage » de son prédécesseur.
Si aucun de ces Chefs d'État n'est véritablement blâmable, donc de qui ou de quoi peut bien provenir les causes de tous ces désordres qu'on avait voulu imputer au multipartisme? La réponse à cette question tient en une seule phrase : L'ex-puissance coloniale s'oppose par tous les moyens à la démocratie dans sa colonie ivoirienne, supposée néfaste à ses intérêts colossaux.
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Posée de cette façon, la problématique du chaos que connaît la Côte d'Ivoire se retrouve cernée de tous les côtés et donc plus facile à comprendre, mais plus difficile à résoudre. En effet que n'a t'on pas mis au point à l Élysée comme moyens efficaces pour contrarier la montée fulgurante du sentiment nationaliste dès 1990 dans la population au soir du règne du premier Président?
L'un des moyens les plus efficaces choisis par les impérialistes a été l'humiliation successive d'un peuple sur fond de terreur pour étouffer dans l'œuf toute volonté de s'affranchir du joug néocolonialiste français. Et en matière d'humiliation sur fond de terreur, l'on a en mémoire quelques une qui marqueront à jamais l'histoire de la jeune nation ivoirienne confrontée à la volonté prédatrice du monde capitalistique qui ne laisse de place ni à la morale ni à des sentiments de remords face à la misère dans laquelle baignent les peuples que l'on exploite.
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En matière d'humiliation sur fond de terreur, la plus symptomatique remonte au 11 avril 2011. Ce jour-là, la Côte d'Ivoire a été totalement déshabillée devant le monde entier. Son Palais présidentiel a été rudement bombardé durant 10 jours par des armées étrangères. Sa vaillante armée engagée dans une guerre asymétrique qui durait depuis septembre 2002 a été mise en déroute.
Ses valeureux soldats ont été dispersés aux quatre vents. Son Président a été arrêté par des soldats étrangers comme un vulgaire bandit et remis en cadeau à ses ennemis rebelles surexcités. En matière d'humiliation sur fond de terreur, le mois de novembre 2004 fut à n'en point douter un grand désastre pour la Côte d'Ivoire accusée d'avoir intentionnellement bombardé un camp militaire français à Bouaké.
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À la suite de ce prétendu bombardement, les chars de l'armée française en colonne de plus d'un km et demi s'étaient comportés dans les rues d'Abidjan exactement comme en territoire conquis. On pouvait donc se permettre d'aller faire un coup d'État avec des chars en enlevant un Président élu pour installer un Général d'armée à sa place.
C'est face à toutes ces humiliations que le peuple ivoirien doit s'unir comme un seul homme pour mettre fin par sa détermination à conquérir sa liberté aux désordres spécialement créés depuis des décennies pour empêcher une nation d'installer sa démocratie. C'est pour éviter d'autres humiliations à venir qu'il faut en briser le cycle en mettant fin à la dictature confortablement adossée à l'impérialisme et plus particulièrement au néocolonialisme français.