Guikahué : « Gbagbo, c’est le grand frère. Il n’y a aucun problème entre nous »
Dans une interview réalisée par Le Nouveau Réveil, Maurice Kakou Guikahué, chef du Secrétariat exécutif du PDCI-RDA, se prononce sur ses relations avec Gbagbo.
Vous êtes également leader dans votre région natale, Gagnoa. Quels sont vos rapports avec les autres leaders de la localité ? On a entendu dire un certain temps que vous étiez à couteau tiré avec Djédjé Bagnon, président du Conseil régional. Qu'en est-il ?
Ça, c'était quand il était au PDCI. Moi, je suis un homme de terrain. Je suis souvent à Abidjan, mais j'ai beaucoup d'informations du terrain. J'avais senti que Bagnon partait au RHDP. Je ne voulais donc pas qu'on lui laisse la présidence du Conseil parce qu'il allait prendre pour aller ailleurs. C'était ça notre conflit, c'est tout. Sinon ce n'était pas un problème de personne, il n'y a plus un autre problème. Je m'entends très bien avec les uns et les autres. Le maire de Gagnoa, on s'entend très bien. Il me respecte, il m'appelle l'aîné. Le député, quand on se voit à l'Assemblée nationale, on a de bons rapports. Le maire de Ouragahio, Antony Garou, il n'y a aucun problème entre nous. Souvent même, ils m'appellent tous grand frère parce qu'ils disent qu'il y a longtemps que je suis en politique. Donc, l'ambiance est bonne à Gagnoa.
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Et avec le président Laurent Gbagbo ?
Le président Gbagbo, c'est le grand frère. Il n'y a aucun problème entre nous. De même qu'avec les Dano Djédjé et autres.
Vous avez été confronté à des situations difficiles. Vous avez fait la prison, vous avez perdu des proches dont votre frère cadet et tout récemment votre génitrice. Comment est aujourd'hui votre moral ?
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Je suis un être humain. Tout ça affecte le moral. Mais j'ai des hommes à mes côtés qui me soutiennent. Le président Bédié, quand il a reçu ma famille, il lui a dit que mon deuil est son deuil. Qu'il faut que je me concentre sur mon travail et le moment venu, nous allons ensemble faire le nécessaire pour enterrer dignement la maman. Ce que je peux dire, et c'est ce que je dis à tous ceux à qui j'apporte de la compassion. Le frère, c'est un choc parce qu'il est plus jeune que moi. Mais, pour un enfant, c'est une grâce d'enterrer son papa ou sa maman. Ça peut arriver certes à tout moment, mais on veut que ça soit le plus loin possible, même que ça n'arrive jamais. Mais c'est la loi de la nature, on n'y peut rien. Au village, quand vous perdez votre maman, vous pleurez tous. A un moment donné, on dit aux femmes continuez de pleurer, et aux hommes, essuyez vos larmes, parce qu'il faut faire face à la situation. Donc, mon moral, effectivement, il est atteint parce que je suis un homme, mais je me suis remis et mon moral est bon. Il faut aussi noter qu'après le soutien du président BEDIE, des frères de l'opposition et des appels des autorités de ce pays m'ont apporté un réconfort. Je leur dis grand Merci !