Hamed Bakayoko était conscient d’une chose et le répétait en privé : « en cas de coup de force, je serai la première cible »
Fernand Dédeh revient sur la personnalité Hamed Bakayoko dit Hambak, premier ministre ivoirien décédé le 10 mars 2021.
Hamed Bakayoko est un homme engagé. Un fonceur. Quand la Côte d'Ivoire a connu sa première mutinerie de l'ère ADO en 2014, il est monté au créneau. Sans peur. Au moment où beaucoup d'autres ministres se terraient. Il s'est retrouvé, tôt au petit matin, chez Soro Guillaume. Lui, le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, chez le président de l'Assemblée. Il était conscient d'une chose et le répétait en privé: « en cas de coup de force, je serai la première cible. ».
Soro Guillaume, ancien chef de la rébellion et à l'époque, président de l'Assemblée nationale avait des connexions dans l'armée. Et Hamed Bakayoko, tactiquement, militait pour l'unité de combat pour « éviter les divisions provoquées par les oiseaux de mauvais augures ».
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Il a lutté pour l'accession au pouvoir de son mentor. De sa position, il s'est donné corps et âme pour protéger « le père, lui éviter l'humiliation ». Pour lui, c'était un engagement à nul autre pareil. « Soyez sereins. Il n'y aura rien. Faites-nous confiance », répétait-il à chaque secousse, aux Ivoiriens. Il avait intégré la mort à son action.
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Il jouait alors son rôle sans complexe. Sans demi-mesure aussi. L'homme politique qu'il était, était comme un boxeur sur le ring: il donnait des coups. De toutes natures. Il en recevait aussi. De très violents.
Hamed Bakayoko connaissait ses limites. Il savait se faire encadrer. Il recrutait certains de ses collaborateurs par le biais de cabinets spécialisés. Pour lui, comptaient le résultat et la satisfaction de son patron.