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Koné Katinan du PPA-CI recadre le ministre KKB : « il existe encore dans les geôles de la république 104 prisonniers politiques »

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by Justin Koné Katinan
Koné Katinan du PPA-CI recadre le ministre KKB : « il existe encore dans les geôles de la république 104 prisonniers politiques »

Koné Katinan, vice-président du PPA-CI, a critiqué le jeudi 23 juin 2022 les propos de KKB, ministre de la Réconciliation relative aux prisonniers politiques en Côte d'Ivoire.

Le mardi 14 juin 2022, lors d'une interview diffusée sur la chaine de télévision française TV5 Monde, Monsieur Kouadio Konan Bertin, ministre de la Réconciliation nationale a déclaré et je cite : « Tous les prisonniers politiques sont sortis de prison. ». Le conteste véhément cette affirmation. Bien que fausse le parti se réjouit cependant qu'un membre du gouvernement avoue, enfin, à la face du monde, que ce régime a fait des prisonniers politiques. Pendant longtemps, cette réalité a été niée par le pouvoir.

Le PPA-CI fait remarquer que la notion de prisonnier politique est subjective. Les organisations de droits de l'Homme ont chacune sa définition du concept de prisonnier politique. Par exemple le Conseil de l'Europe utilise alternativement 5 critères pour cerner la notion de prisonnier politique. Ce sont :

– Une détention imposée en violation de l'une des garanties se rapportant notamment à la liberté de pensée, de conscience ou de religion, la liberté d'expression ou d'information.

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– La détention a été imposée pour des raisons purement politiques sans rapport avec une infraction quelle qu'elle soit.

– Pour des raisons politiques, la durée et les conditions de détention sont manifestement disproportionnées par rapport à l'infraction dont la personne a été reconnue coupable.

– Pour des raisons politiques la personne est détenue dans des conditions discriminatoires par rapport aux autres prisonniers.

– Enfin, la détention est l'aboutissement d'une procédure qui était entachée d'irrégularité et que cela semble être lié aux motivations politiques des autorités.

Pour Amnesty International, est considéré comme prisonnier politique, une personne qui, pour des motifs politiques, s'est opposée en posant des actions, violentes ou non, au pouvoir en place dans son pays.

Human Rights Watch considère comme prisonnier politique, une personne détenue pour les opinions politiques ou pour leur participation à des activités politiques pacifiques.

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En tout état de cause, le PPA-CI relève que personne n'a jamais été condamnée dans le monde avec comme chef d'accusation expressément libellé « opinion politique discordante ». En effet, Tous les prisonniers politiques connus dans le monde ont, de tout temps, été condamnés pour des motifs de droits communs. Par conséquent, notre parti estime que l'on ne saurait s'abriter derrière le fait que les personnes encore en prison soient condamnées ou poursuivies pour des infractions de droits communs, pour affirmer qu'elles ne sont pas des prisonniers politiques. Pour le PPA-CI, les prisonniers des différentes crises constituent des prisonniers politiques qu'ils soient civils ou militaires. C'est d'ailleurs parce qu'ils sont politiques que les auteurs présumés des crimes les plus graves qui sont du camp au pouvoir n'ont jamais été inquiétés. Au contraire ils ont été promus. La discrimination défavorable aux partisans du Président Laurent GBAGBO dans les poursuites diligentées contre les auteurs présumés des infractions des dernières crises politiques accrédite la thèse des motifs politiques desdites poursuites.

A ce jour, il existe encore dans les geôles de la république 104 prisonniers politiques dont 14 personnes jugées et condamnées et 90 prévenus (non encore jugés).

Il y'a quelques semaines, les épouses et les parents de certains de ces prisonniers avaient approché le Président Laurent GBAGBO afin qu'il les aide à avoir accès à leurs époux ou parents. En effet, le droit de visite leur avait été refusé.

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Pendant ce temps, un communiqué du Garde des Sceaux, ministre de la justice, fait état de l'évasion d'un prisonnier, arrêté et condamné pour trafic de drogue. Ce dernier bénéficiait manifestement de privilèges exorbitants du régime de droit commun appliqué aux autres prisonniers. Un prisonnier qui a droit de commercer librement, en ville, hors de son lieu d'emprisonnement constitue tout de même un bel exemple de privilège exceptionnel Les conditions de cette évasion, en pleine révélation de « Abidjan Drug connexion », nous situent sur l'ampleur du pourrissement de l'appareil de l'Etat. Aucun secteur de l'Etat n'échappe à la défaillance morale et de gouvernance de l'Etat. Nous tenons donc à la disposition de la presse la liste des prisonniers politiques. Le PPA-CI continue de réclamer avec insistance la libération de tous les détenus et prisonniers politiques qui croupissent encore en prison suite aux crises politiques successives que notre pays a connu.

Le PPA-CI veut compter justement sur le ministre de la réconciliation nationale pour porter ce message qui est une condition importe sur le chemin de la paix et de la réconciliation nationale.

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