La banque centrale suisse maintient son taux directeur à -0,75% pour atténuer les pressions à la hausse sur le franc – Actualités 17/12/2020
par Martina Fuchs
GENEVE, 17 décembre (Xinhua) — La Banque nationale suisse (BNS) a maintenu jeudi son taux directeur inchangé à moins 0,75% et a déclaré qu’elle était disposée à intervenir plus fortement sur le marché des changes, tout en s’attendant à une baisse de la production économique de la Suisse d’environ 3% cette année en raison de la pandémie de COVID-19.
« La pandémie de COVID-19 continue de peser lourdement sur l’économie », a écrit la BNS dans un communiqué de presse, suite à son évaluation de la politique monétaire. « Dans ce contexte difficile, la Banque nationale suisse (BNS) poursuit sa politique monétaire expansionniste, afin de stabiliser l’évolution de la conjoncture et des prix. »
« La Banque nationale laisse à -0,75% son taux directeur et le taux d’intérêt négatif appliqué aux avoirs à vue à la BNS », a précisé le communiqué.
La BNS a également déclaré que sa politique monétaire expansionniste assure des conditions de financement favorables, atténue les pressions à la hausse sur le franc et contribue à un approvisionnement adapté de l’économie en crédit et en liquidité.
« Etant donné le niveau élevé du franc, elle reste disposée à intervenir de manière accrue sur le marché des changes en tenant compte de la situation pour l’ensemble des monnaies. »
Le département du Trésor américain a qualifié mercredi la Suisse de manipulateur de devises, soupçonnant le pays de prendre des mesures pour dévaluer la monnaie suisse par rapport au billet vert. La banque centrale suisse a rejeté l’accusation.
PERSPECTIVES ECONOMIQUES DE LA SUISSE
La BNS a déclaré que les mesures d’endiguement mises en œuvre avaient limité l’activité économique et qu’elle s’attend à ce que le PIB de la Suisse diminue d’environ 3% cette année.
La Suisse a signalé une augmentation dans le nombre d’infections ces dernières semaines, mais contrairement aux pays voisins, elle s’est jusqu’à présent abstenue d’imposer un nouveau confinement pour freiner le COVID-19.
« Tout est lié au COVID, non seulement au niveau national mais aussi international. La BNS ne peut pas faire grand-chose. Ce n’est pas un problème de banque centrale, ils peuvent rester les bras croisés et suivre la situation, mais ce n’est pas une question de politique monétaire », a déclaré à Xinhua Stefan Gerlach, économiste en chef à EFG Bank.
« La faiblesse de l’environnement économique externe et interne causée par le COVID-19 reste le principal risque au premier semestre de l’année prochaine », a-t-il indiqué.
Pour 2021, la banque centrale a déclaré que les développements dépendront largement de l’endiguement de la propagation du virus en Suisse et à l’étranger. « Pour ce qui concerne la Suisse, la BNS suppose que ces mesures ne pourront être vraiment assouplies qu’au printemps prochain », a-t-elle écrit.
« Dans ce contexte, elle table sur une croissance du PIB de 2,5% à 3% pour 2021. La reprise devrait ainsi rester incomplète. Il est probable que le chômage poursuivra sa hausse et que les facteurs de production demeureront sous-utilisés un certain temps. Comme pour l’étranger, la prévision pour la Suisse est entourée d’une forte incertitude », a ajouté la BNS.
Dans le même temps, le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) a déclaré mardi que le PIB de la Suisse devrait baisser au quatrième trimestre en raison de la crise, mais qu’aucune véritable récession de l’économie suisse ne se matérialiserait.
Par rapport aux perspectives de la BNS, le SECO prévoit désormais une contraction de l’économie suisse de 3,3% cette année avant de se redresser et de croître de 3% en 2021.
« Ce qui profite beaucoup à l’économie suisse, c’est qu’il s’agit d’une économie très ouverte. Nous nous attendons toujours à ce que l’Asie soit le moteur de la croissance l’année prochaine. La Suisse a une exposition croissante à la région, ce qui sera une opportunité clé », a déclaré à Xinhua Patrick Zweifel, économiste en chef chez Pictet Asset Management à Genève.
La BNS a également indiqué que les perspectives d’inflation restent soumises à une forte incertitude en raison de l’impact économique de la deuxième vague de la pandémie.
« La prévision pour 2020 est négative (-0,7%). Le taux d’inflation devrait être à nouveau plus élevé l’année prochaine (0,0%) et légèrement positif en 2022 (0,2%) », a-t-elle estimé. Fin