« La Chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire (CNRCT-CI) est devenue, sous nos yeux, une succursale du RHDP » – Ferro Bally
La Chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d'Ivoire (CNRCT-CI) affiche son parti-pris à l'occasion de la visite de Gbagbo en pays Wê. Pourquoi ? Ferro Bally se prononce.
La Chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d'Ivoire (CNRCT-CI) scie la branche sur laquelle elle est assise: la loi n°2014-428 du 14 juillet 2014 portant Statut des rois et chefs traditionnels. Contrairement à l'article 9 de ladite loi, elle ne contribue pas, par ses sorties hasardeuses et intempestives, à la valorisation de la fonction d'autorité traditionnelle. Pis, au lieu de veiller au respect du Statut, elle le bafoue. Impunément.
La CNRCT-CI est devenue, sous nos yeux, une succursale du RHDP, le parti au pouvoir. Ainsi, le directoire, sous la houlette du roi Awoulae Tanoé Désiré, avait ouvertement, au moment de la controverse, demandé à Alassane Ouattara de briguer un troisième mandat, en 2020.
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Chambre d'enregistrement du parti au pouvoir, ce directoire a également refusé de s'associer à l'accueil, le 17 juin 2021, de Laurent Gbagbo, à l'aéroport international Houphouët-Boigny. L'ancien président de la République revenait au pays après dix ans de procès à La Haye où il a été acquitté le 31 mars 2021, définitivement.
La CNRCT-CI vient également d'afficher son parti-pris à l'occasion de la visite de trois jours qu'effectue Laurent Gbagbo à l'ouest, en pays Wê, à partir du jeudi 7 avril 2022.
Goué Patrice, chef canton Zibiao (Bangolo, région du Guémon), Koulaye Emmanuel Victor, porte-parole des chefs traditionnels du Cavally, et le colonel à la retraite Oulatta Gaoudit, chef de Diébly (Bangolo), sont tous montrés au créneau, à travers des journaux ou des conférences de presse, pour faire chorus avec la ministre Anne-Désirée Oulotto, présidente du conseil régional du Cavally. Ils ont déclaré Gbagbo personna non grata chez eux.
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Cet esprit partisan jure avec l'article 6 de la loi sus-visée, qui dispose: « Les rois et chefs traditionnels sont soumis aux obligations de neutralité, d'impartialité et de réserve. Ils doivent s'abstenir d'afficher leur appartenance politique ».
Mais la loi est massivement violée, en Côte d'Ivoire. En étant ainsi en porte-à-faux, la Chambre conduit à deux graves conséquences.
D'un, perdant toute crédibilité, elle est toujours désavouée par les populations qui ne se reconnaissent pas dans ses décisions impopulaires. A preuve, le pays Wê est en effervescence pour accueillir Gbagbo.
De deux, le vent du bicéphalisme souffle à la tête de nombre de nos villages qui contestent des chefs politiquement engagés et isolés.