Côte d’Ivoire, Bénin, Togo… : l’Afrique de l’Ouest dans l’œil du cyclone djihadiste, selon un expert de l’ONU
Alioune Tine, Expert indépendant onusien s'est inquiété, le 29 mars 2022 de la menace djihadiste en Afrique de l'Ouest.
Bénin, Togo, Côte d'Ivoire… La violence djihadiste qui ravage depuis des années la région du Sahel Central déborde toujours plus vers les pays côtiers du Golfe de Guinée.
S'exprimant devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, l'Expert indépendant a indiqué que « la situation sécuritaire est en train de s'aggraver dans la région », relevant que « ce n'est pas par hasard non plus ». « Le Bénin commence à être attaqué, le Togo, mais aussi le nord du Ghana. Au Sénégal aussi, on en parle aussi du côté de Kayes », a détaillé M. Tine.
L'un des indicateurs les plus préoccupants est le fait que la violence se répand si rapidement au Mali qu'elle met « en péril la survie même de l'État ». « Étant donné la position stratégique du Mali, c'est l'avenir de toute la région du Sahel et au-delà qui est en jeu », souligne l'expert dans son rapport.
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Comme l'expérience l'a montré ailleurs, les conséquences d'une déstabilisation au Mali ne se limiteront pas aux frontières géographiques du pays ou de la région du Sahel, a poursuivi M. Tine. Dans ces conditions, « la communauté internationale, l'Union africaine et la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) devraient donc penser à des solutions appropriées pour faire face à la situation sécuritaire.
« Il me semble qu'aujourd'hui il y a quelque chose à faire sur la question de la sécurité dans sous-région (ouest-africaine) », a insisté l'Expert indépendant onusien.
Cette détérioration continue et inquiétante de la situation exige de la communauté internationale de repenser, en coopération avec le Mali et tous les acteurs concernés par la crise malienne, des réponses aux défis auxquels fait face Bamako en matière de sécurité et de politique. Il s'agit ainsi d'adopter des « mesures plus appropriées » pour aider les autorités maliennes à « rétablir la sécurité sur toute l'étendue du territoire malien ».
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« Je recommande aux partenaires du Mali d'agir de sorte que le basculement géopolitique et géostratégique en cours ne puisse contribuer à l'aggravation des tensions politiques et de l'insécurité, mais contribue au renforcement de la paix, de la stabilité et de la sécurité au Mali », a fait valoir M. Tine, exhortant également la CEDEAO à lever les sanctions contre le Mali.
Pour l'expert, les réponses actuelles à l'insécurité au Mali ne sont plus adaptées, notamment pour garantir la sécurité des personnes civiles et leurs droits fondamentaux, qui doivent constituer la colonne vertébrale des stratégies mises en œuvre au Mali et au Sahel en matière de sécurité. « Force est de reconnaître la nécessité de trouver des solutions de substitution plus adaptées, dans un climat de dialogue avec toutes les parties prenantes et de sérénité pour renforcer l'amélioration de la sécurité et éviter tout isolement qui pourrait avoir des effets pervers sur la crise malienne ».