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Gbagbo depuis Mama parle de CPI : « il fallait écarter un homme gênant, un concurrent gênant »

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by Christian Binaté
Gbagbo depuis Mama parle de CPI : « il fallait écarter un homme gênant, un concurrent gênant »

Laurent Gbagbo a parlé le 28 juin 2021, de son jugement à la CPI, affirmant qu'il avait été envoyé à La Haye car il fallait un homme gênant.

« La CPI, ce n'était pas sérieux, il fallait écarter un homme gênant, un concurrent gênant, alors on m'a mis là-bas », a déclaré M. Gbagbo à son domicile de Mama, son village natal dans le centre-ouest de la Côte d'Ivoire.

Mais, a-t-il ajouté devant des chefs traditionnels, des cadres de son parti et la presse, « je ne regrette pas, parce que si j'étais revenu avec un titre de criminel, c'est vous tous ici qui alliez avoir honte ».

a été définitivement acquitté fin mars par la CPI, où il était notamment accusé de crimes contre l'humanité, ce qui a permis son retour en Côte d'Ivoire.

« Même les blancs qui ne nous connaissent pas, qui suivent nos petites querelles ici, ont su que je (n'étais) pas un criminel. Moi je fais tout, hein, mais je ne suis pas un criminel », a affirmé Laurent Gbagbo sous les rires de l'assistance.

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Il s'exprimait à l'issue d'une rencontre avec des chefs traditionnels majestueusement drapés dans des pagnes colorés venus de toutes les contrées de son fief du centre-ouest, qui lui ont confié une mission de « réconciliation ».

« C'est sa présence qu'on attendait pour la réconciliation. Il faut qu'il s'appuie sur sa popularité pour appeler le peuple ivoirien à la réconciliation totale », a déclaré à l'AFP Joseph Goli Obou, le « chef des terres » de Mama, une autorité locale, entouré de notables.

Ces chefs traditionnels devraient également participer à une cérémonie destinée à le « purifier », comme le veut la tradition de son ethnie bété pour quelqu'un qui a été emprisonné et libéré.

LIRE AUSSI : Depuis Mama, les chefs traditionnels envoient Gbagbo

Laurent Gbagbo, au pouvoir depuis 2000, avait été arrêté en avril 2011 à Abidjan, puis transféré sept mois plus tard à la CPI afin d'y être jugé pour les violences commises à la suite de la présidentielle de fin 2010. Son refus de reconnaître sa défaite face à avait provoqué une crise post-électorale sanglante ayant fait 3.000 morts.

Réélu en octobre 2020 pour un troisième mandat controversé, M. Ouattara a donné son feu vert au retour de Laurent Gbagbo quelques jours après son acquittement.

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par Christian Binaté

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