Le gouvernement ivoirien annonce la dissolution de la CEI
Le Conseil des ministres du mercredi 6 mai 2026 a acté la dissolution de la Commission Électorale Indépendante, ouvrant la voie à une réforme du système.
Le gouvernement ivoirien a pris une décision majeure mercredi 6 mai 2026 lors du Conseil des ministres tenu au Palais de la Présidence de la République. La Commission Électorale Indépendante (CEI), autorité chargée de l'organisation et de la supervision des scrutins, est officiellement dissoute. Cette annonce fait suite à une période de pressions politiques intenses après la présidentielle d'octobre 2025.
La CEI, présidée jusqu'alors par Ibrahim Kuibiert Coulibaly, gérait l'ensemble du processus électoral ivoirien, du recensement des électeurs à la proclamation des résultats provisoires. Créée le 9 octobre 2001, cette institution disposait de la personnalité morale et de l'autonomie financière pour veiller à l'application du Code électoral. Lors du dernier scrutin présidentiel, elle avait proclamé la victoire provisoire d'Alassane Ouattara avec un taux de participation de 95,60 %.
Cette dissolution répond à une exigence récurrente de l'opposition politique. Un collectif de onze partis, comprenant le Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI-RDA) dirigé par Tidjane Thiam, le Parti des Peuples Africains – Côte d'Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo et le Mouvement des Générations Capables (MGC) de Simone Gbagbo, réclamait une refonte totale de l'organe électoral.
Vers une nouvelle instance électorale paritaire
Les critiques portaient essentiellement sur le déséquilibre structurel de l'institution. En 2016 et 2020, la Cour Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples avait jugé la composition de la CEI non conforme aux standards internationaux, soulignant une surreprésentation du pouvoir exécutif. L'opposition dénonçait une instance « non indépendante », rendant impossible la tenue de votes crédibles.
Le processus de dissolution marque le début d'un nouveau dialogue politique. Les prochaines étapes devraient inclure un audit complet de la liste électorale et la mise en place d'une autorité paritaire. Cette réforme est perçue comme un gage de stabilité pour les futurs cycles électoraux, afin d'éviter les contestations systématiques des résultats.
La Présidence de la République devrait préciser dans les prochains jours les modalités de transition. En attendant la création d'une nouvelle structure, les activités administratives liées à la gestion des fichiers électoraux sont suspendues. Ce virage institutionnel intervient dans un climat où la transparence électorale demeure une priorité pour les partenaires internationaux de la Côte d'Ivoire.