Le PPA-CI critique les scandales financiers non élucides par le pouvoir RHDP
Au 8ème numéro de la Tribune du PPA-CI, le 10 novembre 2022, Koné Katinan s'est prononcé sur les scandales financiers non élucides par le pouvoir RHDP.
𝗜𝗜𝗜. 𝗟𝗲𝘀 𝘀𝗰𝗮𝗻𝗱𝗮𝗹𝗲𝘀 𝗳𝗶𝗻𝗮𝗻𝗰𝗶𝗲𝗿𝘀 𝗻𝗼𝗻 𝗲́𝗹𝘂𝗰𝗶𝗱𝗲́𝘀 𝗱𝘂 𝗿𝗲́𝗴𝗶𝗺𝗲
Au moment où le gouvernement s'acharne à bras raccourci sur les populations ivoiriennes, fragilisées par la grande pauvreté, et que lui-même annonce un déficit budgétaire de plus de 6% pour l'exercice en cours, il est bon de lui rappeler certaines de ses prévarications telles que révélées par les différents audits. Ces audits ont été lancés en 2021 dans les entreprises publiques. Le 2 février 2022, devant le Conseil des ministres, le Chef de l'Etat a lui-même révélé en ces termes : « des irrégularités liées aux passations de marché, le coût élevé et l'inopportunité du recours à certains emprunts, les comptes bancaires ne figurant pas dans la comptabilité des entreprises ou encore la non-maîtrise des charges de certaines entreprises et portefeuilles de l'Etat ».
Jusqu'à ce jour, les rapports de ces audits ne sont pas accessibles au public alors qu'il s'agit d'entreprises publiques.
Cependant, des informations publiées par les médias, jamais démenties, permettent de se faire une idée de l'ampleur de la gabegie révélée par les différents audits qui ont été, il convient de le rappeler, exigés par le FMI et la Banque Mondiale.
Aussi, retiendra-t-on, entre autres, les cas suivants :
- Plus d'un milliard de FCFA de détournement et de blanchiment à l'Agence de Gestion Foncière. C'est le seul cas qui fait l'objet de poursuites judiciaires diligentées contre le Directeur général présumé coupable de ce détournement. A la suite de ce scandale, le gouvernement avait fait, le 24 juin 2021, ce communiqué suivant : « suite à des investigations préliminaires sur la gouvernance de certaines entreprises de l'Etat, il a été décidé de diligenter des audits. Sur la base des conclusions des premières investigations et dans l'attente des résultats de ces audits, certains responsables de structures font l'objet de suspension à titre conservatoire »
- Sur cette liste des entreprises à auditer, le Fonds d'Entretien Routier (FER) continue d'attendre la suite de l'audit qui a motivé le renvoi de son directeur général.
- Il en est de même pour L'Autorité de Régulation du secteur des télécommunication/Tic Côte d'Ivoire (ARTCI) ; La Nouvelle Pharmacie de la Santé Publique (NPSP) ; De l'Agence de Gestion et de Développement des Infrastructures Industrielles (AGEDI) ; L'unité de coordination du projet C2d-Education Formation avec des soupçons de graves dysfonctionnement ; L'entreprise Fraternité Matin; Le Port de San-Pedro.
L'Inspection Générale de l'Etat avait également épinglé le FDFP pour une présomption de détournement de plus d'1,8 milliards de FCFA.
Tout en continuant de s'inquiéter sur la suite jamais rendue publique de ces audits, nos compatriotes s'interrogent également sur le sort réservé aux ancien cas de détournements et de corruption révélés par des précédents audits. En effet, l'on se rappelle que le cabinet KPMG avait conduit un audit au Conseil Café-Cacao qui avait révélé un scandale énorme de détournement de l'ordre de 65 milliards. Au total, selon l'hebdomadaire JA du 27 Avril 2018, ce sont plus de 185 milliards de la campagne caco 2016 2017 qui ont été perdus à cause de la « gestion approximative » de la filière. « Le cabinet avait même évoqué l'existence de potentiels conflits d'intérêts entre les Administrateurs du Conseil Café-Cacao et la politique menée par cet organe de gestion ». La Directrice générale avait été remerciée en 2017 et n'a jamais été inquiétée. A tire de comparaison, pour une situation similaire, le Président Laurent GBAGBO n'avait pas hésité à ouvrir un procès et des personnes de son propre camp avaient été lourdement condamnées par la justice.
Au-delà des cas révélés par des audits, des pratiques du régime actuel ont étonné nos compatriotes.
En effet, de la rénovation d'université à 110 milliards de FCFA en 2012 à 700 millions de FCFA alloués à une seule personne pour l'ouverture de salons de coiffure, les Ivoiriens restent dubitatifs sur cette gouvernance généreuse envers les copains et les militants.
Le PPA-CI demande au gouvernement de rendre publics les résultats des différents audits et d'en tirer toutes les conséquences qui en découlent.
Mesdames et Messieurs, le PPA-CI tient à rassurer nos compatriotes qu'il portera toujours leur voix au nom de la démocratie pour laquelle son Président a tant sacrifié. Le gouvernement présente tous les signes d'essoufflement et de manque d'idée pour juguler la crise liée à la cherté de la vie. Il ne s'en préoccupe peu parce qu'il n'a plus de solution à leur proposer. Non seulement, il n'a pas de réponses aux attentes de nos concitoyens, mais pire, il créé des crises sociales qui accentuent la dégradation de cohésions entre les communautés.
Depuis quelques temps, les médias rapportent chaque jour des crises de chefferie derrière lesquelles se cache toujours la main du gouvernement. Après avoir affaibli le royaume des Baoulés, ces derniers temps, certains villages Atchan sont entrés en crise de choix de leurs chefs. Ces crises fragilisent davantage la cohésion sociale qui ne s'est jamais totalement retrouvée depuis 2011. Compte tenu du lien qui unit le Président Laurent GBAGBO au peuple Atchan, le PPA-CI entend s'informer sur ces crises de chefferies dans les communautés Atchan. Il ne manquera pas d'informer l'opinion publique sur cette question.
Dans la même veine, le PPA-CI invite les populations ivoiriennes à garder la vigilance haute pour ne pas détourner leur attention de l'essentiel vers les sujets anecdotiques. Il est constant que lorsqu'un pouvoir n'a plus de solutions à apporter aux attentes du peuple, il s'emploie à le distraire par des anecdotes. Cela se vérifie en ce moment dans notre pays.