Les fortes attentes envers le PPA-CI : « le parti de Gbagbo a-t-il les moyens de faire beaucoup mieux ? »
Les attentes envers le PPA-CI sont fortes. Les Ivoiriens estiment-ils que seul le PPA-CI est aujourd'hui à mesure de mener le combat de l'opposition ivoirienne ?
Chaque jour qui passe, je peux lire sur la toile et au contact des gens, des plaintes. Bien entendu, je parle des personnes de bonne foi. On se plaint quasiment de tout et je trouve ces attentes légitimes.
Oui les gens sont en droit d'attendre que le PPA-CI soit performant dans tous les domaines dès sa création. Ils sont en droit d'exiger que le parti se comporte comme s'il avait 10 ans d'existence même s'il n'a qu'une année d'existence.
On parle quand même de personnes qui ont consacré les dix dernières années de leur vie à se battre afin que le président Gbagbo soit libéré et que son combat et son idéal se poursuivent.
Si les attentes sont fortes, c'est parce que les gens estiment que le PPA-CI a les moyens de faire beaucoup mieux. C'est donc un signe de confiance placé dans notre parti. C'est aussi la preuve que les Ivoiriens sont désespérés et qu'ils s'en remettent à nous. C'est la preuve qu'ils estiment que seul le PPA-CI est aujourd'hui à mesure de mener le combat de l'opposition ivoirienne. On ne demande à une personne que ce qu'on estime qu'elle est capable de donner. J'ai même lu des militants d'autres partis de l'opposition se plaindre de l'inaction du PPA-CI. Ce n'est pas grave. C'est parce qu'ils ne sont pas avec nous mais qu'ils comptent sur nous.
Je voudrais rassurer les uns et les autres que toutes les attentes sont prises en compte pour s'améliorer tous les jours en dépit du contexte politique difficile dans lequel nous sommes. C'est justement ce qu'affirmait le président Gbagbo en disant qu'il y a l'idéologie et il y a la politique. L'idéologie, elle définit l'Ideal de société que nous voulons bâtir. Elle comporte les grandes lignes de notre vision. La politique quant à elle, ce sont les voies et moyens que nous devons utiliser pour arriver au pouvoir afin de mettre en application notre idéologie. Les actes peuvent ne pas être totalement compris au quotidien car la politique n'est pas une ligne droite.
Mon formateur à la faculté, Boni Amessan m'expliquait aussi cela pour marquer la différence entre le syndicaliste et le politique. Le syndicaliste à un combat et il va tout droit. Le politique quant à lui peut même dépasser l'objectif pour faire croire que ce n'est pas ce qu'il vise et au moment où on s'y attend le moins, il se saisit de celui-ci. En 2000 par exemple, alors que le président Gbagbo affronte Robert Gueï à la présidentielle, il affirme : « les vraies élections auront lieu en 2005 ». Comment quelqu'un qui est candidat en 2000 peut affirmer que l'élection, la vraie va se tenir cinq ans plus tard ? Que chacun médite !
En tout état de cause, avec le PPA-CI, le président Gbagbo prend le pari de bâtir une dream team. Mais vous le savez, même si vous réunissez les 11 meilleurs joueurs dans votre équipe, cela ne garantit pas la victoire. Il faut que les joueurs assimilent le plan de jeu du nouvel entraineur. Il faut que les automatismes se développent et qu'ils s'habituent à jouer ensemble.
C'est à ce stade que nous en sommes tout en étant conscient de notre responsabilité vis-à-vis des ivoiriens. C'est parce que nous en sommes encore là qu'il y a encore des écueils qu'on peut constater çà et là. Mais nous sommes au travail. Nous implantons le parti car il s'agit de faire en sorte que le PPA-CI quadrille toute la Côte d'Ivoire. Nous essayons d'améliorer la communication. Nous faisons émerger de nouveaux visages et faisons naitre de nouvelles espérances.
Alors les attentes sont légitimes et c'est pour y faire face que nous sommes résolument au travail. Tout n'est pas parfait mais chaque cadre du parti travaille à construire un grand parti. C'est notre démarche au quotidien. Le PPA-CI est en phase de construction. Le bébé se prépare à marcher et même à courir et il tiendra toutes ses promesses. C'est une ferme assurance que je veux partager avec vous ce matin. Il n'y pas de raisons de se laisser distraire par les épiphénomènes. Rendez-vous dans quelques mois seulement.