Lida Kouassi et Koné Boubacar arrêtés : le PPA-CI mobilise ses soutiens
L'ex-ministre de la Défense Lida Kouassi arrêté avec Koné Boubacar. Le PPA-CI organise la riposte politique et exige leur libération immédiate en Côte d'Ivoire.
L'arrestation de Moïse Lida Kouassi embrase le PPA-CI. L'ancien ministre de la Défense de Laurent Gbagbo, figure respectée du parti, se retrouve en garde à vue depuis le 8 août 2025 avec l'ambassadeur Koné Boubacar. Une situation qui pousse le parti de l'ex-président à organiser une riposte politique d'envergure.
Dimanche 10 août, au siège du PPA-CI à Abidjan, le président exécutif Sébastien Dano Djédjé a sonné la mobilisation générale. Face à une salle comble de militants et de sympathisants, il a dénoncé ce qu'il considère comme un acharnement judiciaire contre les cadres de son parti. L'arrestation de Lida Kouassi cristallise toutes les tensions.
Cette figure emblématique du parti fait l'objet d'accusations graves selon Justin Koné Katinan, deuxième vice-président du Conseil stratégique et politique du PPA-CI. « Selon leurs avocats, il leur est reproché d'être les instigateurs des violences survenues le 1er août 2025 à Yopougon », révèle-t-il.
Un cadre historique dans le viseur
Lida Kouassi n'est pas un militant ordinaire. Ancien ministre de la Défense sous Laurent Gbagbo, il incarne la continuité historique du parti et bénéficie d'une forte aura auprès des militants. Son arrestation aux côtés de Koné Boubacar, ancien directeur du protocole de Gbagbo devenu ambassadeur, envoie un signal fort au parti.
Les deux hommes ont été convoqués simultanément au service des enquêtes générales de la préfecture de police d'Abidjan le 8 août. Contrairement au colonel des douanes Joël Kéké, également convoqué mais libéré le lendemain, ils restent en détention. Cette différence de traitement interroge les responsables du PPA-CI.
Dano Djédjé s'inquiète des « conditions dont la légalité et la conformité aux garanties constitutionnelles suscitent une profonde inquiétude ». Pour le dirigeant du parti, ces arrestations s'inscrivent dans une série d'interpellations qu'il juge illégales, notamment celles de « six de leurs camarades, brutalement et illégalement enlevés par des hommes encagoulés les 2 et 3 août 2025 à Yopougon ».
La solidarité du parti en action
Face à cette situation, le PPA-CI affiche une solidarité sans faille. Dano Djédjé a manifesté « avec la plus grande fermeté sa solidarité indéfectible à l'égard de ces deux personnalités dont la contribution au renforcement de la démocratie et à la sauvegarde de l'État de droit est largement reconnue ».
Cette déclaration de soutien dépasse le simple communiqué de presse. Le parti organise une véritable campagne de mobilisation autour de ses cadres détenus. L'objectif affiché reste leur « libération immédiate », mais l'enjeu politique s'étend bien au-delà de ces deux arrestations.
Le président exécutif du PPA-CI élargit d'ailleurs ses revendications à l'ensemble des détenus politiques. Il exige la libération de « tous les prisonniers d'opinion de tout bord », évoquant l'existence de « près de 100 prisonniers politiques » dans les geôles ivoiriennes. Un chiffre qui témoigne selon lui d'une répression systématique de l'opposition.
Une stratégie politique calculée
Cette mobilisation autour de Lida Kouassi s'inscrit dans la stratégie plus large du PPA-CI en vue de la présidentielle d'octobre 2025. Dano Djédjé appelle ses militants à « rester vigilants, à ne pas se laisser intimider et à être focalisés sur l'objectif final, celui de l'inscription de Laurent Gbagbo sur la liste électorale ».
L'arrestation de cadres historiques comme Lida Kouassi renforce le discours victimaire du parti face à un pouvoir accusé de répression. Cette posture permet de souder les rangs et de justifier la radicalisation du discours politique. Le parti maintient d'ailleurs sa position « non négociable » contre le quatrième mandat d'Alassane Ouattara.
Face à ce qu'il qualifie de « situation délétère », Dano Djédjé exhorte ses militants à la « mobilisation et à défendre la cause » du parti. Une cause qu'il juge « noble et nationale » dans un contexte politique de plus en plus tendu à l'approche du scrutin présidentiel.
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