Mali : Des opposants politiques arbitrairement détenus, la liberté d’expression muselée (Amnesty International)
Amnesty International dénonce la détention illégale des figures de l'opposition au Mali dans son rapport ce vendredi 19 juillet 2024.
Cette nouvelle vague de répression s'inscrit dans un contexte de restrictions croissantes des libertés fondamentales au Mali.
Le 12 juillet, Youssouf Daba Diawara, ancien responsable de la Coordination des mouvements, amis et sympathisants de l'imam Mahmoud Dicko (CMAS), a été enlevé à Bamako par des hommes armés avant d'être incarcéré à la Brigade des recherches criminelles de la gendarmerie. Accusé d'« opposition à l'autorité légitime » pour sa participation à une manifestation pacifique le 7 juin, il attend son procès prévu le 3 octobre.
« La détention arbitraire de Youssouf Daba Diawara et d'autres leaders politiques par les autorités maliennes est inacceptable, » dénonce Samira Daoud, directrice régionale d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale. « Malgré la levée récente de la suspension des activités politiques, la répression des droits humains, en particulier la liberté d'expression, de réunion pacifique et d'association, s'intensifie. »
Depuis le début de l'année, les autorités maliennes ont dissous plusieurs formations politiques, dont la CMAS en mars dernier, et la Synergie d'actions pour le Mali, une coalition d'opposition dont elle faisait partie. Onze leaders de l'opposition ont été arrêtés le 20 juin et inculpés de « complot contre l'autorité de l'État » pour avoir appelé à des élections rapides et inclusives.
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Entre avril et juillet 2024, les activités des partis politiques et des associations à caractère politique ont été suspendues, et toute couverture médiatique de leur activité interdite.
Amnesty International exige la libération immédiate et sans condition de Youssouf Daba Diawara et des autres responsables politiques détenus arbitrairement. L'organisation appelle également les autorités maliennes à respecter et protéger les droits à la liberté d'expression, d'association et de participation aux affaires publiques.
Cette situation alarmante survient dans un contexte de transition politique prolongée et de tensions croissantes entre les autorités maliennes et la communauté internationale. Amnesty International exhorte les acteurs régionaux et internationaux à user de leur influence pour faire pression sur les autorités maliennes afin qu'elles mettent fin à la répression de la dissidence et respectent les droits humains fondamentaux.
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