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Mali: « le vide sécuritaire, que redoutait Alassane Ouattara, vient d’être créé »

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by Ferro Bally
Mali: « le vide sécuritaire, que redoutait Alassane Ouattara, vient d’être créé »

« CEDEAO Hors-la-loi » une analyse Ferro Bally suite au retrait des troupes françaises du Mali et la crainte du président ivoirien Alassane Ouattara.

Le vide sécuritaire, que redoutait , vient d'être créé; les autorités maliennes de la transition ayant refusé, comme le demandait l'ancien président de la CEDEAO, de mettre de l'eau dans leur gnamakoudji (le jus de gingembre). Et alors le , abanan (c'est fini). La fin définitive des opérations militaires françaises (Barkhane) et alliées (Takuba) au Mali a été actée le jeudi 17 février 2022, après presque dix ans de lutte stérile ou presque contre les djihadistes.

Le capitaine Assimi Goïta, président de la transition, et les autorités militaires du Conseil national de salut public (CNSP) sont restés sourds aux injonctions et diktat de la France. Et un leader, outre tombe, doit être encore aux anges: Modibo Kéita, premier président de la République du Mali (22 septembre 1960 – 19 novembre 1968).

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Après l'éclatement, dans la nuit du 19 au 20 août 1960, de la Fédération du Mali (État comprenant le Sénégal et le Mali appelé alors Soudan français), il dénonçait, le 20 janvier 1961, les accords militaires franco-maliens et ordonnait l'évacuation des bases militaires françaises de Bamako, Kati, Gao et Tessalit. Au nom de « la non-ingérence dans nos affaires intérieures » et « le respect de notre souveraineté ». C'est sur ces questions que l'actuelle junte militaire malienne est opposée à la conférence des chefs d'État et de gouvernement de la CEDEAO.

Le colonel Assimi Goïta, qui donne du fil à retordre, est devenu un os dans la gorge de la CEDEAO. En 2012, sous le premier mandat d'Alassane Ouattara à la tête de la CEDEAO, les choses se sont vite et bien passées; le capitaine Amadou Haya Sanogo étant rentré rapidement dans les rangs après avoir renversé Amadou Toumani Touré, le 22 mars.

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Mais, alors que le pays, depuis le 9 janvier 2022, est, comme sous Haya Sanogo (le 2 avril 2012), victime du même embargo total, c'est le statu quo. Le président de la junte militaire ne fléchit pas et contrarie Ouattara, qui risque, à la suite d', de mordre la poussière.

« Nous n'avons pas cherché à punir le peuple malien, qui est un peuple frère. Mais la CEDEAO a des règles et les décisions sont prises à l'unanimité », s'est défendu, le 16 février 2022, Ouattara sur les antennes de RFI et France 24, pour essayer d'arrondir les angles et, en même temps, trahir les décisions arbitraires des chefs d'État de la CEDEAO.

En effet, le Protocole, du 21 décembre 2001, sur la démocratie et la bonne gouvernance additionnel au protocole relatif au mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de la sécurité, prévoit, en son article 45, des sanctions contre tout État contrevenant.
Elles sont de trois ordres:

1. refus de soutenir les candidatures proposées par l'État membre concerné à des postes électifs dans les organisations internationales;

2. refus de tenir toute réunion de la CEDEAO dans l'État membre concerné et

3. suspension de l'État membre concerné dans toutes les instances de la CEDEAO.

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Par conséquent, si la suspension du Mali des instances de la CEDEAO est régulière, toutes les autres mesures de représailles sont illégales au point que la CEDEAO se découvre hors-la-loi. La fermeture des frontières viole le principe sacro-saint de la libre circulation des biens et des personnes dans l'espace communautaire.

Les sanctions économiques et financières, dont le gel des avoirs du Mali à la BCEAO, sont en flagrante contradiction avec l'article 4 des Statuts concernant les principes de fonctionnement de la Banque centrale. Cette dernière est censée être indépendante sans exécuter, comme c'est hélas! le cas, ou être assujettie aux décisions des hommes politiques et des gouvernants. Mais pour nos autorités, dura lex sed lex (la loi est dure mais c'est la loi) est valable jusqu'aux portes de l'Institution.

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