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7 décembre 1993 : « le pire a été évité de justesse » après la mort d’Houphouët, ce qui s’est réellement passé

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7 décembre 1993 : « le pire a été évité de justesse » après la mort d’Houphouët, ce qui s’est réellement passé

Après la mort d'Houphouët, un bras de fer oppose Bédié s'autoproclame président de la République et Ouattara qui donne sa démission.

Orange, blanc et vert, les drapeaux ivoiriens sont déployés ce mardi 7 décembre 1993 dans toutes les communes d'Abidjan, qui s'apprête à célébrer le trente-troisième anniversaire de l'indépendance. Pour l'occasion, le Premier ministre Alassane Dramane Ouattara assiste tôt le matin, en compagnie du président de l'Assemblée nationale , à une cérémonie de « prise d'armes » au palais présidentiel. Pour la première fois, le chef de l'État est absent. Il est resté à Yamoussoukro, son village natal. À 10 heures, « Radio-Treichville », la rumeur locale, annonce sa mort. Les officiels ivoiriens ne réagissant pas pour confirmer ou infirmer « l'information », les bruits sur le décès du président se répandent à travers tout le pays.

À la mi-journée, Radio France Internationale (RFI), qui testait ses premières émissions en ondes courtes (FM) en Côte d'Ivoire, rend publique la mort du « père de la Nation ». À 13 heures, la confirme officiellement dans les studios de la Radiotélévision ivoirienne (RTI). Âgé de 88 ans et malade depuis six mois, Houphouët-Boigny souffrait d'un cancer de la prostate. Un mal pernicieux, qui, dès juin, l'avait conduit en France pour des soins. Revenu discrètement sur une civière en Côte d'Ivoire en novembre, Boigny (« bélier », en langue baoulé) ne quittait plus son palais où seuls étaient admis son médecin, la famille restreinte et quelques proches.

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De nombreux Ivoiriens pleurent la mort de celui qui a incarné la vie politique dans leur pays pendant un demi-siècle en observant un deuil national de deux mois (du 7 décembre 1993 au 7 février 1994). Les héritiers, eux, n'attendront pas pour se disputer la succession. Avant même l'inhumation du « Vieux », son dauphin constitutionnel Henri Konan Bédié s'autoproclame président de la République, tandis que le gouvernement de Ouattara donne sa démission. Un bras de fer oppose les deux hommes, et le pire est évité de justesse : à Abidjan, on parlait déjà de coup d'État.

Le 1er février, la dépouille du défunt est transférée à Abidjan pour recevoir les hommages des forces de sécurité et défense ainsi que des représentations diplomatiques. Suivent dignitaires religieux, hauts responsables politiques ou économiques, représentants du monde associatif et culturel…

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Les 3 et 4 février, tout au long de la journée, une foule d'hommes, de femmes et d'enfants pleurent devant la dépouille de « Foufoué », comme l'appelaient affectueusement ses compatriotes. Le samedi 5, à 13 heures, le cortège funèbre prend la route de Yamoussoukro ; à 17 heures, il arrive à la fondation Félix-Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. Deux jours durant, les hommages affluent… LIRE LA SUITE

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