Le chef du régime militaire au Niger, le général Abdourahamane Tiani, a durci par ordonnance une loi contre la cybercriminalité.

Le chef du régime militaire au , le général Abdourahamane Tiani, a durci par ordonnance une loi réprimant notamment « la diffusion » numérique « de données de nature à troubler l'ordre public », la « diffamation » et les « injures », selon un communiqué du ministre de la Justice publié mercredi.

Cette nouvelle disposition, qui modifie une loi de 2019, prévoit désormais une peine de prison de deux à cinq ans et une amende de deux à cinq millions de francs CFA (entre 3.000 et 7.600 euros) en cas de « diffusion de données de nature à troubler l'ordre public ou à porter atteinte à la dignité humaine ».

La loi réprime également la diffamation et les injures en ligne, punissant les coupables d'une peine d'emprisonnement de un à trois ans et d'une amende d'un à cinq millions de francs CFA.

Le régime militaire, arrivé au pouvoir par un coup d'État en février 2021, reproche au précédent gouvernement civil d'avoir « supprimé les peines d'emprisonnement » pour ces infractions en juillet 2022, les remplaçant par des amendes.

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Le ministre de la Justice, Alio Daouda, a justifié le durcissement de la loi par la nécessité de « rétablir l'équilibre entre la liberté d'expression et la protection des droits individuels ». Il a appelé à la « vigilance et à la responsabilité » dans l'utilisation des réseaux sociaux et des plateformes numériques, soulignant que « les citoyens, les journalistes et les professionnels de la communication doivent respecter les droits de chacun » et « s'abstenir de diffuser des données de nature à porter atteinte à l'unité nationale ».

Cette nouvelle mesure a suscité des inquiétudes chez les défenseurs des droits de l'homme, qui craignent qu'elle ne soit utilisée pour museler la dissidence.

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