Ouattara a-t-il lâché Compaoré ?: « je n’entends pas me mêler d’une affaire qui est devant la justice du Burkina »
Dans une interview accordé à Jeune Afrique, le président ivoirien, Alassane Ouattara, a donné son avis sur l'affaire Blaise Compaoré.
L'ex-président burkinabé Blaise Compaoré, en exil en Côte d'Ivoire, va être jugé pour l'assassinat de son prédécesseur, Thomas Sankara, lors du coup d'Etat de 1987 qui l'a porté au pouvoir. Le dossier a été renvoyé devant le tribunal militaire de Ouagadougou après la confirmation des charges contre les principaux accusés, dont Blaise Compaoré, trente-quatre ans après la mort du « père de la révolution » burkinabée, selon des avocats de la défense et des parties civiles.
Dans une interview accordée à Alassane Ouattara, Jeune Afrique, revenant sur cette affaire dont le procès s'ouvre à partir du 11 octobre, devant un tribunal militaire à Ouagadougou à demander au président ivoirien, si en accueillant ici en Côte d'Ivoire Blaise Compaoré, il le protégeait ?
« C'est un problème entre l'ancien président Blaise Compaoré et son pays. Il est en Côte d'Ivoire pour des raisons bien connues. Son épouse est ivoirienne et la Côte d'Ivoire a toujours été une terre d'hospitalité. Je n'entends pas me mêler d'une affaire qui est devant la justice du Burkina Faso » a déclaré Alassane Ouattara.
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Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1983, le président Thomas Sankara a été tué par un commando le 15 octobre 1987 à 37 ans, lors du putsch qui porta au pouvoir son compagnon d'armes d'alors, Blaise Compaoré. La mort de Sankara, devenue une figure panafricaine et surnommé « le Che africain », était un sujet tabou pendant les vingt-sept ans de pouvoir de M. Compaoré, lui-même renversé par une insurrection populaire en 2014.