« Ouattara n’est pas encore prêt à recevoir Gbagbo »
Retour de Laurent Gbagbo à Abidjan. Le président Alassane Ouattara partage-t-il l'empressement des militants du FPI ?
Neuf ans après avoir été transféré par une froide nuit de novembre à la prison de Scheveningen, le pénitencier de la Cour pénale internationale (CPI), Laurent Gbagbo n'a pas encore retrouvé la touffeur d'Abidjan, mais son éloignement de la Côte d'Ivoire pourrait peut-être bientôt toucher à sa fin.
Vendredi 4 décembre, l'ancien président ivoirien s'est vu remettre par les autorités de son pays deux passeports, l'un ordinaire, l'autre diplomatique, signé de la main même du chef de l'Etat Alassane Ouattara, son tombeur il y a dix ans et ennemi intime depuis deux décennies.
Toute la question est désormais de savoir à quelle date Laurent Gbagbo rentrera et avec quelles intentions. Dans le communiqué précité, Me Habiba Touré rapporte qu'« ayant maintenant son passeport, il envisage de rentrer en Côte d'Ivoire au cours du mois de décembre ». Puis de préciser au téléphone que « Laurent Gbagbo ne veut pas créer de troubles, mais il n'est pas dans une logique de négocier son retour, seulement d'en organiser les modalités pratiques avec les autorités sur place. Lui donner la sécurité à laquelle il a droit en tant qu'ex-président de la République ne prend pas plus de quelques jours ou de quelques semaines ».
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Nul doute cependant que cet empressement n'est pas partagé par Alassane Ouattara. « Après sa réélection, qui a laissé des traces, le président s'est fortifié, mais il n'est pas encore prêt à le recevoir », souffle l'un de ses confidents. Le chef de l'Etat, réélu pour un troisième mandat que l'ensemble de l'opposition lui conteste, a engagé des discussions avec l'ex-président Henri Konan Bédié qui devraient se poursuivre dans les prochains jours.
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Dans son calendrier des priorités à venir figurent également son investiture prévue le 14 décembre, ainsi que des élections législatives qui devraient se tenir en mars 2021 et qui auront notamment vocation à redonner de l'espace politique à une opposition dont bon nombre de personnalités sont aujourd'hui en détention ou en exil… LIRE LA SUITE SUR LEMONDE.FR