Perspectives économiques 2020: La Côte d’Ivoire « faiblement classée » n’entrera en récession en 2020
La Côte d'Ivoire n'entrera en récession en 2020, même si ses perspectives économiques très favorables avant la pandémie de Covid-19, sont aujourd'hui au ralenti.
La Côte d'Ivoire a signalé son premier cas de COVID–19 le 11 mars 2020. À la date du 25 mai, le nombre de cas officiels s'élevait à 2 423, avec 1 257 personnes guéries, 1136 cas toujours actifs et 30 décès.
ÉTAT DE PRÉPARATION DU SECTEUR DE LA SANTÉ.
Le système de santé ivoirien n'est pas suffisamment préparé pour apporter une réponse rapide à la pandémie de COVID–19, notamment dans le traitement des cas les plus graves, qui nécessitent de nombreuses réanimations. L'Institut Pasteur de Côte d'Ivoire, laboratoire de référence pour les tests, a besoin d'un soutien important pour répondre à la forte augmentation de l'activité.

L'Indice mondial de sécurité sanitaire 2019 a classé la Côte d'Ivoire au 105e rang mondial sur 195 pays et au 14e rang des pays africains sur 54, avec un score de 35,5 (sur 100).
Le faible classement est principalement dû à la faible performance du système de santé dans les secteurs de la prévention, de la réponse rapide et des risques environnementaux.
PERSPECTIVES MACROÉCONOMIQUES.
Les perspectives économiques de la Côte d'Ivoire étaient très favorables avant la pandémie, avec une croissance annuelle moyenne de 7,1 % en 2015–2018 et de 6,9 % en 2019 (tableau).
Le pays sera probablement touché par les conséquences de la pandémie mondiale, mais ne devrait pas entrer en récession en 2020, quelle que soit l'évolution de la crise. Par rapport aux prévisions initiales, une perte de croissance de 4,2 à 5,7 points est attendue pour 2020, en raison du ralentissement attendu dans les secteurs de l'agriculture, des transports, du tourisme, de la fabrication, de la construction et du commerce.
La croissance du PIB devrait ralentir pour atteindre 3 % si la pandémie ralentit en juillet (scénario de base) et 1,5 % si elle se poursuit jusqu'en décembre (scénario pessimiste).
La crise sanitaire aura probablement un impact notable sur les finances publiques, avec une augmentation des dépenses de santé, des dépenses liées à la protection sociale et à l'aide directe aux entreprises, et une baisse des recettes budgétaires due à une baisse des importations et à un ralentissement de l'activité dans le secteur privé. Le déficit du compte courant devrait rester stable. L'impact de la COVID-19 ne devrait pas provoquer de pressions inflationnistes.
La croissance économique pourrait rebondir en 2021 en atteignant 6,6 % dans le scénario de base et 5,0 % dans le scénario pessimiste. Cette reprise serait stimulée par l'agriculture, la construction et les télécommunications du côté de l'offre, et par la consommation finale et les investissements du côté de la demande.
RÉPONSE DU GOUVERNEMENT
Pour limiter la propagation de la COVID–19 et réduire ses impacts sociaux et économiques, le gouvernement ivoirien a adopté un plan d'intervention sanitaire de 95,9 milliards de FCFA axé sur la surveillance épidémiologique et biologique, la prévention et les soins aux patients et un plan d'aide économique, social et humanitaire de 1700,9 milliards de FCFA.

Ce deuxième plan comprend des mesures d'aide au secteur privé, destinées aux entreprises, pour maintenir l'activité économique en reportant les échéances de paiement des taxes pour les détaillants et les entreprises des secteurs les plus touchés par la crise sanitaire, et en créant un fonds d'aide aux secteurs privé, informel et agricole.
Les mesures sociales comprennent des actions telles que le paiement provisoire par l'État des factures d'électricité (avril à juillet 2020) et des factures d'eau (mai à août 2020) pour les plus défavorisés, et la création d'un fonds de solidarité pour les groupes les plus vulnérables.
La suite sur autre presse…