Amadé Ouérémi sacrifié au profit d’intérêts politiques de certaines personnalités du pays
Amadé Ouérémi connaîtra son sort ce 15 avril 2021 après l'ouverture de son procès devant le Tribunal criminel d'Abidjan depuis le 24 mars.
Dans sa plaidoirie, Me Roseline Aka, l'avocate d'Amadé Ouérémi a tenté de démontrer l'innocence de son client à qui « on veut faire porter le chapeau d'un massacre ».
Me Roseline Serikpa avocate de la Défense a déploré le fait que les personnes nommément citées par son client en l'occurrence les sieurs Losséni Fofana et Coulibaly de Kouibly, n'aient pas fait l'objet d'une comparution lors des différentes audiences ce qui aurait pourtant contribué à la manifestation de la vérité. Elle a également souligné le fait que son client n'ait jamais nié les faits mais ait plutôt soutenu avoir été depuis le début un simple élément qui aurait été instrumentalisé, sacrifié durant cette guerre au profit d'intérêts politiques de certaines personnalités du pays.
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Poursuivant sa plaidoirie, l'Avocate de M. Amedé a affirmé que le Commandant Losseni Fofana ainsi que Coulibaly de Kouibly lui aurait été demandé de protéger sa communauté burkinabé qui serait victime d'exactions de la part des Guéré. Pour elle, les bonnes questions n'ont pas été posées :
● Qui a fourni à Amadé les armes de guerre ainsi que les tenues de FRCI qu'il portait ?
● A qui profitent ses exactions ?
● Pourquoi la LICORNE et l'ONUCI n'ont pas arrêté ces massacres ?
Ce sont autant de zones d'ombres qui continuent de planer sur ce procès. Elle a aussi présenté des photos au tribunal sur lesquelles on voit son client arborer fièrement la tenue militaire des FRCI, soit aux côtés des forces Onusiennes soit au côté de Losseni Fofana qui pourtant a nié lors de son audition ne pas le connaître. Selon Me Roseline son client devrait pouvoir bénéficier de circonstances voire même d'excuses atténuantes. Aussi, a-t-elle invoqué la responsabilité solidaire de l'Etat de Côte d'Ivoire, L'ONU et même de la France.
Ex-seigneur de la forêt du mont Péko dans l'ouest ivoirien, Amadé Ouérémi est accusé de crimes contre l'humanité, génocide, meurtres, vol en réunion, viols, etc, commis le 28 mars 2011 pendant la crise post-électorale ivoirienne de 2010-2011 au quartier carrefour de Duékoué où il y a eu plus de 800 morts.
Son procès s'est ouvert devant le Tribunal criminel d'Abidjan depuis le 24 mars dernier après près de huit années de détention.