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Pulchérie Gbalet et l’affaire des 49 soldats ivoiriens détenus au Mali : « il ne faut pas accentuer les rancœurs internes »

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by Steve Beko
Pulchérie Gbalet et l’affaire des 49 soldats ivoiriens détenus au Mali : « il ne faut pas accentuer les rancœurs internes »

Steve Biko, cadre du PPA-CI de Laurent Gbagbo, fait une analyse de l'arrestation de Pulchérie Gbalet et l'affaire des 49 soldats ivoiriens détenus au Mali.

, membre de la société civile a encore été arrêtée avant-hier. A défaut de communication officielle de la justice ivoirienne, nous nous fierons aux dires de ses avocats. Ainsi, elle serait accusée de :

– Entente avec les agents d'une puissance étrangère de nature a nuire a la situation diplomatique de la CI.

– Diffusion de fausses nouvelles de nature à attenter au moral des populations.

– Atteinte a l'ordre public

𝐐𝐔'𝐄𝐍 𝐄𝐒𝐓-𝐈𝐋 𝐃𝐄 𝐋'𝐄𝐓𝐀𝐓 𝐃𝐄 𝐃𝐑𝐎𝐈𝐓 ?

Nous sommes dans une république alors le fait que des citoyens soient arrêtés et envoyés devant la justice n'est en soi pas un problème. Ce qui me chiffonne par contre, c'est que depuis l'avènement de Ouattara au pouvoir, des ivoiriens sont arrêtés, de graves accusations sont portées contre eux mais il n'y quasiment jamais de procès. Ces personnes passent des mois voire des années en prison et un matin, on les libère au bon vouloir du souverain sans qu'on ne sache si les accusations étaient fondées ou pas. Et pourtant, dans un état de droit, seul un procès équitable permet de déterminer si le citoyen est coupable des crimes allégués ou pas. Mais nous sommes dans une situation batarde où des gens héritent de casier judiciaire lourd sans jamais avoir eu l'occasion de se défendre au cours d'un procès. C'est inadmissible. Et puis, est-ce qu'on a besoin de toute cette gymnastique pour arrêter Pulchérie ? Est-ce qu'on a besoin de lui faire croire qu'elle doit venir récupérer ses effets personnels ? Est-ce qu'on a besoin de l'interroger en l'absence de ses avocats ? Que nous coute-t-il de respecter les règles élémentaires de la procédure ?

Le 16 septembre 2020, Koua Justin a été arrêté de manière spectaculaire à Korhogo alors qu'il se rendait à son service. Il était accusé de « troubles à l'ordre public, incitation à l'insurrection populaire, complicité de destructions de biens d'autrui et de bâtiments administratifs commis courant août et septembre 2020 ». Le 16 septembre 2021, il a été libéré sans jamais avoir eu à se défendre au cours d'un procès. Il a passé un an en prison. Auparavant, le samedi 4 novembre 2017, Justin Koua était libéré après avoir passé 30 mois en détention. Et je peux citer les cas de Antoinette Meho, Sylvie Dago Mélanie, Hubert Oulaye, etc. Quel état voulons-nous construire en procédant ainsi ? Pourquoi nos forces de sécurité et nos juges se rendent-ils complices de telles violations du droit ?

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𝐑𝐄𝐕𝐄𝐍𝐎𝐍𝐒 𝐀̀ 𝐋'𝐀𝐅𝐅𝐀𝐈𝐑𝐄 𝐃𝐄 𝐍𝐎𝐒 𝟒𝟗 𝐒𝐎𝐋𝐃𝐀𝐓𝐒

En aout 2020, il y a un coup d'état au Mali et Assimi Goita prend le pouvoir. Une batterie de sanction s'abat sur le pays. L'activisme de Ouattara saute aux yeux. Il est en premier ligne pour sanctionner le peuple et la junte malienne.

En février 2022, Une conversation téléphonique attribuée au président ivoirien et à l'ex-Premier ministre malien, agite la scène politique et judiciaire malienne. On y entend les deux hommes échanger sur la position « intenable » du gouvernement de Bamako et se moquer ouvertement de la junte.

Le 27 février 2022, Ainea Ibrahim Camara depuis la Côte d'Ivoire et dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux se proclame nouveau président de la transition malienne. Plus tard, l'on découvrira des photos de l'individu avec plusieurs officiels ivoiriens. La Côte d'Ivoire va condamner cette déclaration et promettre des sanctions contre l'individu. Elles ne verront jamais le jour.

Dès lors, il apparait clairement aux yeux des autorités maliennes que leur problème est le régime d'Abidjan. Par conséquent, je reste convaincu qu'ils cherchaient des mesures de rétorsion.

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C'est dans cette atmosphère que 49 de nos soldats sont arrêtés au Mali qui les accuse d'être des mercenaires. Supposés être en mission pour l'ONU, l'organisation internationale dit ne pas les reconnaitre et des négociations s'engagent. Mon avis personnel est que cette affaire ressemble à « il faut faire mais si ça foire, tu gères seul ». Ceux qui peuvent comprendre ont compris.

Cependant, cette situation est inédite et aucun ivoirien ne doit se réjouir que nos soldats soient détenus par une puissance étrangère. Tout doit être mis en œuvre afin qu'ils recouvrent le plus rapidement la liberté.

Mais dans les relations internationales, c'est assez récurant. Chaque jour, des espions sont arrêtés dans le monde et ils sont bien traités et les pays les utilisent comme monnaie d'échange dans certaines négociations. C'est une convention non écrite entre états ou tout le monde espionne tout le monde. Les cas sont légion et le dernier en date, c'est les USA qui ont espionné quasiment tous les pays européens.

Et donc, des négociations sont ouvertes et selon certaines indiscrétions qui restent à confirmer, les autorités maliennes réclament leur « président » autoproclamé depuis Abidjan afin qu'il réponde devant leur justice. Et depuis cette affaire traine. La question que nous pouvons poser au régime actuel : que vaut la vie de nos soldats à leurs yeux ? La liberté d'un citoyen malien est-elle supérieure à la liberté de 49 de nos soldats ? En tout état de cause l'état nous doit une explication sur la présence de nos soldats au Mali. Ils étaient allés chercher quoi là-bas ?

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Ces questions sont légitimes et nous devons les poser à notre gouvernement mais jamais, je ne peux me réjouir de la détention prolongée de nos soldats. Et plus grave, il faut laisser le gouvernement exclusivement gérer cette affaire : elle relève de la sécurité et de politique extérieure. Ce sont des domaines trop sensibles pour qu'on y transporte nos divergences politiques. Et même si je ne partage pas l'activisme de Ouattara contre le peuple et les autorités maliennes, je suis solidaire des efforts déployés par le gouvernement afin que nos concitoyens recouvrent la liberté. Ce n'est pas discutable.

Maintenant que cela est dit, il faut libérer Pulchérie Gbalet ou à défaut qu'on respecte tous ses droits et qu'on ouvre un procès public afin qu'on expose les preuves retenues contre elle. Il ne faut pas accentuer les rancœurs internes alors que nous devons nous serrer les coudes pour obtenir la libération de nos soldats. C'est une simple question de logique.

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