Racket à Adjamé : filmés par une caméra cachée, deux sous-officiers finissent en prison
Le Tribunal Militaire d’Abidjan a condamné, le 27 avril 2026, deux agents de sécurité pour extorsion de fonds suite à un contrôle routier illégal à Adjamé.
La justice militaire ivoirienne renforce sa politique de fermeté contre les pratiques illicites au sein des Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Le Tribunal Militaire d’Abidjan (TMA) a rendu son verdict concernant deux sous-officiers, identifiés par les initiales BKS et BS. Les deux prévenus ont écopé d’une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de 100 000 francs CFA.
Les faits remontent au 26 novembre 2025 au carrefour « Renauld » dans la commune d‘Adjamé. Les deux agents, dérogeant aux consignes de leur hiérarchie, avaient instauré un poste de contrôle non autorisé. Durant cette opération improvisée, ils ont intercepté un conducteur de tricycle, exigeant et percevant la somme de 1 000 francs CFA tout en immobilisant indûment l’usager.
Une enquête basée sur une surveillance technique
Cette interpellation fait suite à une enquête minutieuse ouverte par le Commissaire du Gouvernement après plusieurs signalements de racket dans cette zone commerciale. Les investigations ont reposé sur l’utilisation d’une caméra dissimulée, permettant de capter les échanges en flagrant délit. Lors de l’audience, les tentatives de justification des prévenus, évoquant un geste spontané du conducteur ou une inattention liée à un appel téléphonique, ont été rejetées par le tribunal.
Cette condamnation s’inscrit dans une série de sanctions visant à restaurer l’éthique au sein des forces publiques. Une décision similaire avait été prononcée une semaine auparavant contre un élément de la gendarmerie nationale pour des motifs identiques. Un mandat de dépôt a été immédiatement décerné à l’encontre des deux condamnés à l’issue de l’audience, marquant la volonté des autorités judiciaires de mettre un terme définitif à l’extorsion de fonds sur la voie publique.