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Règlementation des VTC : Stéphane Kipré ses vérités au pouvoir RHDP, « des milliers d’Ivoiriens se retrouveront encore au chômage »

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by Stéphane Kipré
Règlementation des VTC : Stéphane Kipré ses vérités au pouvoir RHDP, « des milliers d’Ivoiriens se retrouveront encore au chômage »

« Il faut éviter le copier-coller systématique. Chaque pays a ses réalités », a déclaré Stéphane Kipré, cadre du PPA-CI de Gbagbo, critique la loi relative à la règlementation des VTC.

Ce matin, j'ai rapidement parcouru le décret du gouvernement relatif à la règlementation des transports publics particuliers de personnes et cela appelle plusieurs réflexions de ma part. Il convient de souligner que l'argument du gouvernement relatif au besoin d'organiser le secteur des VTC dans notre pays est pertinent. En effet, le transport public est un domaine sensible qui nécessite une maitrise parfaite pour éviter des désagréments. Par ailleurs, les applications numériques utilisent les données des usagers. Par conséquent, ces données étant sensibles, il convient de s'assurer qu'elles sont entre de bonnes mains. C'est une question de sécurité nationale.

Cependant, plusieurs articles de ce décret jettent un doute légitime quant aux motivations non avouées du gouvernement.
En ce qui concerne la demande d'agrément, il y a trop de formalités à remplir. Et ces blocages ne sont pas de nature à favoriser l'éclosion des startups ivoiriennes. L'article 16 par exemple fixe le coût de la demande d'agrément à 20 millions.

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C'est excessif ! Si cette décision est maintenue, seuls les gros opérateurs pourront exercer dans ce secteur au détriment des jeunes ivoiriens qui ont pourtant les compétences intellectuelles et professionnelles requises pour créer ce type d'application numérique. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans un pays où les banques ne prêtent quasiment pas. Comment dans ces conditions, un jeune pourrait-il trouver 20 millions ?

Je reste persuadé que, sans pour autant mettre à la porte les entreprises internationales du secteur, l'Etat à travers les ministères dédiés peut encourager et accompagner des jeunes ivoiriens pétris de talents dans la mise en ligne d'applications numériques de transport.

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Par ailleurs, l'article 10 précise qu'en cas de refus de l'agrément, il faut attendre 6 mois avant d'introduire une nouvelle demande. J'en suis à me demander à quoi correspond ce délai. Si votre demande d'agrément est rejetée, l'Etat vous en donne les raisons, vous corrigez les défaillances et le lendemain vous pouvez introduire une nouvelle demande. Pourquoi attendre 6 mois ?

L'article 17 quant à lui instaure une taxe sur chaque opération de mise en relation, hormis les taxes (impôts) auxquelles ces entreprises sont normalement soumises. In fine, c'est le consommateur qui paiera plus cher. Car il faut savoir que le propriétaire du véhicule paye déjà une taxe sur chaque opération aux propriétaires de l'application. Désormais, en plus de cette taxe, il paiera encore une taxe à l'État sachant que ces entreprises payent déjà des impôts. C'est une taxe de trop qui ne s'explique pas.

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Il y a aussi, bien entendu la question liée à la puissance des moteurs des véhicules à utiliser. J'ai bien entendu la communication du gouvernement qui a affirmé que c'est ce qui se fait ailleurs. Oui c'est ce qui se fait en Occident. Mais en Occident, d'abord, les banques prêtent aux particuliers. Et puis, les transports publics sont assez développés. Ils ont le métro, le RER, le bus, etc. par conséquent, les VTC sont en réalité réservés aux classes sociales qui ont les moyens. Sachant que le citoyen a une large gamme de choix pour ces déplacements. Dans notre pays, le transport public est à la peine. Chaque matin, c'est une souffrance pour se rendre au travail. Nous ne sommes pas dans la même configuration. Il faut éviter le copier coller systématique. Chaque pays a ses réalités.

En tout état de cause, j'invite le gouvernement à ouvrir des discussions avec les acteurs du secteur pour trouver des solutions idoines et assouplir les conditions sinon, ce sont des milliers de jeunes ivoiriens qui se retrouveront encore au chômage.
Bon, je vais me concentrer sur mon bara. Je ne sais pas si mon secteur d'activité sera visé par les prochaines taxes gouvernementales.

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par Stéphane Kipré

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